‹ Lord Walpole à la cour de FranceChapitre 199 sur 271 · FINESSE DU CARDINAL · texte numérisé non relu

FINESSE DU CARDINAL

mettrait : « Qu’on prenne donc Gibraltar par un « coup de main, dit- il, car si l’on n’en finit pas « bientôt, il nous faudra absolument remplir « nos engagements avec l’Angleterre. »

Ce n’était pas tout, il fallait arracher à Montgon le secret entier de sa mission : le cardinal mit donc en œuvre envers lui toutes ses séductions, et l’abbé, ne pouvant résister aux prévenances et aux attentions délicates dont il l’entoura, finit par lui dérouler peu à peu tous ses plans, en lui laissant même une copie de ses instructions ^

La mine était éventée; mais le cardinal n’en ressentit pas moins vivement les mauvais effets

1, Le cardinal, curieux de connaître au juste les idées de M. le Duc, qu’il savait en train de cabaler avec le duc du Maine et M. de Morville, fut le premier à engager Montgon à voir l’ancien ministre à Ecouen. L’entrevue eut lieu la nuit : M. le Duc promit d’appuyer la succession de Philippe V, et consentit même à écrire des lettres de réconciliation au roi et à la reine d'Espagne. Montgon n’eut rien de plus pressé que de faire part de ses succès au cardinal, qui le félicita vivement de son adresse et de sa discrétion, et le plaisanta même sur ce que son passage de nuit à travers Saint-Denis lui avait tout à fait donné la tournure d’un homme à bonnes fortunes. (l'oir datis les Mémoires de Montgon les détails de cette conférence nocturne.)

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