‹ Lord Walpole à la cour de FranceChapitre 243 sur 271 · IRRITATION DE PHILIPPE V CONTRE L’EMPEREUR · texte numérisé non relu

IRRITATION DE PHILIPPE V CONTRE L’EMPEREUR

comte de Sinzindorff n’eût pas osé la signer encore, cette manière de procéder à part, quand elle vint à la connaissance des Espagnols, les exaspéra à un tel point, qu'ils se répandirent en invectives amères contre les ministres impériaux, tout en les sommant de remplir leurs engage- ments secrets, surtout en ce qui regardait le mariage convenu du prince des Asturies; mais à toutes leurs remontrances, ils ne reçurent que des réponses froides et évasives. Leurs Majestés Catholiques furent profondément blessées d’un pareil outrage, et des récriminations les plus violentes, elles passèrent à une sorte de rupture

à toutes les belles promesses de la cour de Vienne; qu’elle ne cherchait qu’à la tromper, et que l’empereur ne permettrait jamais que Don Carlos passât en Italie. Il en déduisait les motifs et conseillait à la cour d'Espagne de prendre des mesures, avec la France et l’Angleterre, pour hâter le départ de Don Carlos. Entre autres, il disait d.ans sa lettre : « L’empereur est un fort honnête homme, qui ne refusera pas que sa fille, seconde archiduchesse, épouse don Carlos aux conditions convenues; mais vous devez être assuré que le prince Eugène, ennemi irréconciliable de toute la famille des Bourbons, s’y opposera; et, comme chef du conseil, il entraînera tant qu’il pourra les autres dans son parti. Cependant, le comte Louis de Sinzindorff, grand chancelier, peut être gagné, car il aime beaucoup l’argent. » {^Mémoires et Lettres du prince de Ligne, t. I, p. 172.)

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