IL DEMAÎSDE SON RAPPEL
« D’après la peinture que je vous ai faite du garde des sceaux et de son ascendant sur le cardinal, il vous est facile d’imaginer combien ma position est peu agréable ici. Quoique je sois encore fort bien personnellement avec Son Éminence et qu’elle me donne en toute circonstance des marques certaines de son amitié, comme je ne peux plus me servir d’elle, de même qu’autrefois dans l’intérêt de Sa Majesté, la prolongation de mon séjour ici ne pourrait qu’être nuisible à ses affaires, puisque les autres ministres ne manqueront pas de reconnaître, à la première occasion , que j’ai perdu mon ancienne influence. J’espère donc que vous m’aiderez de toutes vos forces dans la demande que je fais pour être autorisé à revenir immédiatement à Londres. .Si en prenant congé du cardinal, je trouvais qu’il fût avantageux de conserver une correspondance particulière avec lui et que cela pût se faire sans désobliger M, de Chauvelin, je prendrais mes mesures en conséquence *. »
1. lUemoirs of sir Robert Walpole, l. III, p. 8. — Cette cor-
3/iG QUESTION DE DUNKE QUE.
Robert Walpole, qui avait eu jusque-là tant à se louer de la présence à Paris d'un frère aussi habile que dévoué, regrettait amèrement de ie voir abandonner ainsi ce poste de confiance; il sentait qu’un des plus fermes soutiens de sa politique à l’étranger allait lui faire défaut et il avait, alors plus que jamais, besoin de toutes ses forces pour lutter contre les tentatives désespérées de l’opposition. Un des points sur lesquels se portaient principalement les attaques de ses ennemis dans le parlement, c’était les délais interminables que le gouvernement français apportait à l’exécution de la clause du traité d’Ulrecht, qui concernait la destruction du port et des jetées de Dunkerque. Le ministère anglais tenait à se laver des reproches de faiblesse ou de connivence qui ne lui étaient pas épargnés, et il savait que, si cette question, qui blessait profondément l’amour-propre national en France, pouvait enfin obtenir une so-
respomlance secrMe de Walpole avec le cardinal s’établit, en effet, par rcntrcmise du baron de Gedda, ministre de Suède à Paris.