‹ Lord Walpole à la cour de FranceChapitre 44 sur 271 · Pierre le Grand · texte numérisé non relu

Pierre le Grand

ponds : u La bonne opinion que Sa Majesté Czarienne "veut bien avoir de mon mérite me fait le plus grand honneur, mais je n’en suis nullement digne; Louis XIV, par jalousie, m’a éloigné de tous ses conseils, et mes études se sont bornées aux belles-lettres, à la chimie, à la peinture et à la musique. Ma naissance, il est vrai, m’a appelé à la régence, mais je ne me mêle du gouvernement que pour ébaucher, le soir, quand je suis ivre, en joyeuse compagnie, des décrets qui annulent toujours ceux de la nuit précédente. J’ai le plus vif regret de n’ôtre point en état d’aider votre maître en ses vastes desseins ; mais allez trouver le cardinal Dubois. »

L’ambassadeur va chez Dubois et lui communique le message du pi’ince. « Le duc d’Orléans veut plaisanter sans doute, répond le cardinal, en vous envoyant chez moi; où croit-il que j’aie pu apprendre à bien gouverner? Fils d’un apothicaire de village, j’ai fait mes débuts à Paris en qualité de valet d’un docteur de Sorbonne ; ma bonne étoile a fait de moi le sous-précepteur du régent, qui m’a accablé d’honneurs, mais

PASQÜINADE

sans y ajouter le mérite. De plus, je suis ruiné par la maladie, qui m’empêcherait, si j’én étais capable, de m’occuper des affaires de la France. Allez donc chez le garde des sceaux et chez les autres ministres. »

« Monsieur, lui dit Armenonville*, êtes-vous venu me consulter comme garde des sceaux, ou comme flnancier? Je dois vous avouer sans détour qu’en matière de finances, je connais fort bien les miennes, mais fort peu celles du roi ; comme garde des sceaux, on m’envoie les papiers à sceller, mais avec défense de les lire. Je ne me connais pas d’autre mérite que ma bonne volonté. »

« Je serais bien heureux, s’écrie Maurepas^ ministre de la marine, de pouvoir rendre service

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