‹ Lord Walpole à la cour de FranceChapitre 61 sur 271 · INTRIGUES DE TOUTES PARTS · texte numérisé non relu

INTRIGUES DE TOUTES PARTS

ennemis eux -mêmes avaient dépouillé leur haine pour devenir ses courtisans : cela le rendait de plus en plus populaire et cause maintenant des regrets unanimes. Le maréchal d’IIuxelles lui-même, qui le détestait cordialement, ne s’est pas caché de dire, depuis, qu’il était désolant de voir que la mort d’un pareil coquin pût jamais être un aussi grand désastre.

« Le duc de Bourbon a un intérêt visible à suivre la même politique que son prédécesseur, et il ne manque pas d’une certaine fermeté quand une fois il a pris son pli; mais il risque à tout moment de tomber dans des mains capables de bouleverser toute son administration. Madame de Prie^ a beaucoup d’ascendant sur lui.

1. Agnès Berthelot de Pleneuf, fille d’un riche financier, premier commis du chancelier V'oysin, était née en 1698. Elle avait épousé, très-jeune, Louis, marquis de Prie, ambassadeur à Turin. Après s’être ruinée dans son ambassade, elle revint cà Paris dans l'hiver de 1719 : c’était le bon moment pour se remettre à flot, et elle sut en profiter sans scrupules. «Jenecrois pas,dit d’Argeuson, qu’il ait jamais existé créature plus céleste. Une figure charmante et plus de grâces encore que de beauté ! un esprit vif et délié, du génie, de l’ambition, de l’étourderie et pourtant une grande pré-

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