‹ Lord Walpole à la cour de FranceChapitre 70 sur 271 · WALPOLE A UNE CONFÉRENCE · texte numérisé non relu

WALPOLE A UNE CONFÉRENCE

pensée contraire à cet ordre d’idées ; que pour lui personnellement, nous pouvions compter qu’il partageait entièrement l’opinion que M. le Duc et M. de Morville nous avaient énoncée ; qu’en sa qualité de conseiller du roi trèschrétien, c’étaient l’intérêt, la prospérité et la paix de ses États qui domineraient toutes ses pensées, et que dès qu’ils seraient en cause, quel que fût d’ailleurs son attachement à sa religion, il serait toujours prêt à dépouiller sa croix et ses fonctions ecclésiastiques. Il mettait dans l’expression de ces sentiments un tel air de franchise, de candeur et de simplicité, qu’il nous sembla que la vérité même parlait par sa bouche, et qu’il se trouvait réellement dans la disposition où il assurait devoir être toujours quand Sa Majesté le consulterait sur les questions étrangères. Il ne paraissait pas douter que les affaires ne dussent suivre une bonne marche : « Le coup si imprévu de la mort du duc d’Or- (( léans, nous dit-il, a pu dans le premier mo- « ment jeter l’alarme et la fermentation en Eu- « rope; mais j’espère que tout cela s’apaisera

AVEC Llil.

« bientôt, que les choses reprendront leur allure « précédente, et que nous verrons réussir enfin (( cette grande œuvre de la quadruple alliance, « en terminant le congrès, pour ainsi dire, dès « son ouverture. »

« Nous n’avons pas manqué, je vous le jure, de témoignera M. de Fréjus toute notre gratitude de la manière si franche et si obligeante avec laquelle il nous avait fait l’honneur de nous exprimer des sentiments favorables à l’union entre les deux couronnes, ainsi qu’à la paix générale. Nous ne doutions point que sa grande influence personnelle sur Sa Majesté très-chrétienne et sur ses conseillers ne fût singulièrement utile et du plus grand poids, pour les heureux desseins dont il nous avait parlé. Sa Majesté le roi d’Angleterre avait déjà donné sur ce point assez de gages de sa bonne volonté pour qu’il nous fût permis d’affirmer d’avance qu’il persisterait dans le môme système, malgré le dernier changement de personnes.

« M. de Fréjus nous a répondu qu’il était parfaitement convaincu de la vérité de ce que nous

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