‹ Lord Walpole à la cour de FranceChapitre 84 sur 271 · ENTENTE ENTRE WALPOLE ET FLEURY · texte numérisé non relu

ENTENTE ENTRE WALPOLE ET FLEURY

L’ambassadeur, justement préoccupé des desseins qui avaient motivé la mission du maréchal, travaillait à les combattre avec l’aide de M. de Fréjus, lorsque la nouvelle inattendue de l’abdication de Philippe V vint remplir Paris de surprise et d’alarmes. Ce fut Walpole qui en donna le premier avis à lord Townshend par une dépêche du 23 janvier 1724, dans laquelle il attribue cette détermination, qui avait été un secret pour la cour de Versailles, à un accès de dévotion mélancolique. Celte explication ne satisfit pas complètement lord Tovvnshend, qui parut soupçonner que c’était une affaire concertée avec le duc de Bourbon, et que Philippe avait le projet de se retirer en France. Walpole lui remontra que l’attitude et la surprise des ministres français étaient la preuve qu’il n’y avait eu aucune connivence entre les deux cours ; mais en môme temps il ne négligeait point ses précautions habituelles : à force d’adresse il parvint même à faire expliquerai, de Fréjus sur ce sujet et à obtenir de lui la promesse qu’il s’opposerait aux prétentions de Philippe V. « Mardi

lU ABDICATION DE PHILIPPE V.

dernier, écrit-il, j’étais allé faire une visite à M. de Fleury à Versailles (la grande nouvelle venait de transpirer) : il arriva du monde, et je prenais congé de lui, lorsqu’il me tira à l’écart près de la fenêtre et se mit à me parler de l’abdication, en levant les yeux et les mains vers le ciel, d’un air aussi surpris que consterné : « Cette démarche du roi d’Espagne, me dit-il en paroles entrecoupées, est tout à fait inopportune et peut devenir préjudiciable au système actuel et particulièrement aux intérêts de la France. Au surplus, que l’Espagne agisse comme elle voudra; mais espérons toujours que l’union se maintiendra entre la France et l’Angleterre, car elle est plus indispensable que jamais. » Je lui dis que de notre part, il pouvait y compter. « Sans doute, me répondit-il en me serrant fortement la main, mais il faut que notre alliance devienne plus étroite encore, si c’est possible, et qu’on trouve pour cela quelque moyen nouveau. » A quelques jours de là, Walpole eut encore avec M. de Fréjusun entretien particulier, dont' il rend compte en ces termes àlordTownshend :

Paris, 7 mars 1724.

« Je me trouve, comme je l’ai déjà dit à Votre Seigneurie, sur le pied d’une amitié étroite et môme de la familiarité avec l’évôque de Fréjus, sans affecter pour cela de le voir trop souvent ni de causer avec lui en confidence. J’étais donc resté assez longtemps sans le voir en particulier, lorsque je suis allé le 4 de ce mois lui faire une visite à Versailles; comme nous parlions de l’Espagne, j’en ai profité pour lui demander s’il avait des nouvelles du maréchal de Tessé. « Je n’en ai point, me répondit-il, mais il m’a écrit de Bayonne une lettre, dans laquelle il semble vouloir se railler de moi, en me disant que je verrais bien à son arrivée à Madrid qu'il n' endosserait pas le golilio *, mais qu'il serait bon François n

« J’ai feint de ne pas comprendre le sens de

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