IL DEMANDE UNE PRINCESSE D’ANGLETERRE
Broglie annonça au roi, sous le sceau du plus profond secret, le prochain renvoi de l’Infante; puis il lui demanda la permission de lui soumettre une pensée qui lui était venue et pour laquelle il réclamait toute son indulgence : « Sachant, dit-il, avec quelle ardeur M. le Duc désire resserrer les liens qui unissent les deux couronnes, et connaissant par moi-môme les qualités inestimables de la princesse Anne, je prie votre Majesté de me laisser exprimer le vœu qu’elle la donne en mariage au roi mon maître. Ce serait un tel honneur et un tel avantage pour les deux royaumes, que désormais rien ne pourrait plus troubler leur repos ni s’opposer à l’exécution de leurs desseins. »
Le roi répondit qu’il ne méconnaissait point tous les avantages qui pourraient résulter d’une pareille union, mais que, malgré son vif désir de prouver sa considération pour le roi de France dans toutes les occasions qui lui permettraient de rendre plus étroite son alliance avec lui , la question religieuse était d’une gravité telle, qu’il se voyait contraint de décliner cette pro-