Î28 REFUS DE GEORGE
fante, semblait encore l’accréditer davantage : « Ce n’est qu’un cri parmi tout le peuple, dit l’ambassadeur anglais dans sa correspondance, qu’il faut immédiatement renvoyer l’Infante dans son pays, puisque tout est arrangé avec une princesse anglaise. Elle aurait déjà débarqué à Calais, qu’on n’y croirait pas davantage et qu’on n’en parlerait' pas d’une façon plus positive. Chacun raconte l’histoire à sa fantaisie, même ceux qui devraient le mieux savoirla manière dontles choses se sontpassées; les uns disent que c’était une affaire convenue, même avant mon arrivée ici ; d’autres n’y voient qu’une intrigue de plusieurs daines de cette cour et de celle d’Angleterre; mais c’est à moi, qui ne le mérite guère, qu’on en attribue généralement tout l’honneur. Votre Grâce, qui sait à quel point je suis étranger à tout cela, imaginera facilement l’embarras que j’ai eu pendant ces deux ou trois derniers jours, pour ne pas paraître embarrassé du tout. Une foule de gens de toute sorte n’avaient pas d’autre occupation que d’espionner mes mouvements, mes paroles
et même mon carrosse. On me retournait dans tous les sens : les uns cherchant à me surprendre par des questions insidieuses ou par des compliments, d’autres réclamant ma protection à la cour, comme si c’était déjà une affaire terminée. J’espère au milieu de tout cela m’être conduit d’une manière convenable, irréprochable même : je n’ai point cherché à éclaircir leurs doutes, et je me suis abstenu de rien nier et de rien affirmer*. »
Au milieu de ces incertitudes, le 6 mars, M. de Morville annonça à Walpole que l’Infante allait être renvoyée en Espagne*, et cette nouvelle lui fut confirmée le jour même par M. de Fréjus, qui lui demanda en même temps une entrevue secrète , dont le sujet devait être