‹ Lord Walpole à la cour de FranceChapitre 96 sur 271 · ON CHOISIT ENFIN · texte numérisé non relu

ON CHOISIT ENFIN

était heureux que le roi, d’après le rapport mêmedu comte de Broglie, eût fait à la proposition de mariage une réponse aussi prudente et aussi digne de lui-même : il avait su ainsi concilier ee qu’il devait à sa conscience et aux lois de son royaume avec l’union anoicale qui existe entre les deux couronnes. Je lui ai appris en revanche combien, dans cette occasion, Sa Majesté avait été satisfaite de sa manière de voir (dont j’avais rendu compte à Votre Grâce sans le nommer), en lui faisant remarquer que le roi s’y était conformé d’avance de la manière la plus complète. Je lui ai dit aussi que Sa Majesté était animée du plus sincère désir de travailler de tout son pouvoir à calmer l’irritation de l’Espagne *. »

M. de Fréjus insinua alors que la fille de Stanislas Leczinski, roi titulaire de Pologne, avait beaucoup de chances pour devenir l’épouse de Louis XV ; en répétant que si M. le Duc réussissait à faire agréer sa sœur, il était décidé à quitter immédiatement la cour. Là-dessus, le duc

!. Walpole au duc de Newcastle, 28 mars 1723.

MARIE LECZINSKÂ.

de Newcastle écrivit à Walpole : « Je ne saurais dissimuler à Votre Excellence tout le souci qu’a donné à Sa Majesté la fin de votre lettre, où vous parlez de la possibilité de la retraite de M. de Fréjus. Le roi de France y perdrait un serviteur aussi capable que fidèle, et Sa Majesté un ami loyal et dévoué. Le roi en a été d’autant plus frappé qu’il est fort à craindre que le motif de cette retraite ne se présente bientôt, à en juger par la relation que vous m’envoyez et par les paroles mêmes de M. de Broglie au roi ; puisqu’il n’a pu s’empêcher de lui exprimer son désir, qu’à défaut de l’une de nos princesses, le roi son maître prît pour épouse mademoiselle de Vermandois. 11 avoue cependant que M. le Duc y trouverait quelques difficultés, parce que c’est lui même qui a pris le parti de renvoyer l’Infante. Si toutefois ce projet devait réussir, Sa Majesté désire que vous usiez de tout votre crédit sur M. de Fréjus, pour le dissuader d’une démarche aussi précipitée qu’irréfléchie, en lui remontrant les conséquences fâcheuses qu’elle pourrait avoir, tant pour la France que pour

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