‹ LorenzaccioChapitre 21 sur 95 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Devant l’église de Saint-Miniato à Montoliver?. La foule sort de léglise.

UNE FEMME, à sa voisine. — Retournez-vous ce soir à - Florence ?

LA VOISINE. — Je ne reste jamais pr d’une heure ici, et je n’y viens jamais qu’un seul vendredi; ; je ne Suis pas assez riche pour m’arrêter à la foire; ce n’est pour moi qu’une affaire de dévotion, et que cela suffise pour mon salut, c’est tout ce qu’il me faut.

UNE DAME DE LA COUR, à une autre. — Comme il a bien prêché! c’est le confesseur de ma fille. (Elle s'approche d’une boutique.) Blanc et or, cela fait bien le soir; mais le jour, le moyen d’être propre avec cela? Ë

(Le marchand et Porfs êvre devant leurs boutiques avec quelques cavaliers.) j

L’ORFÈVRE. — La citadelle’! voilà ce que le peuple ne souffrira jamais, voir tout d’un coup s’élever sur la ville cette nouvelle tour de Babel, au milieu du plus maudit baragouin; les Allemands ne pousseront jamais à Florence, et, pour les y greffer, il faudra un vigoureux lien.

LE MARCHAND. — Voyez, mesdames; que Vos Seigneuries acceptent un tabouret sous mon auvent.

UN CAVALIER. — Tu es du vieux sang florentin, père Mondella; la haine de la tyrannie fait encore trembler tes doigts ridés sur tes ciselures précieuses, au fond de ton cabinet de travail,

. 1. La scène est authentique. George Sand avait voulu la placer au début de la pièce. Musset à pensé avec juste raison que le public serait dupe du subterfuge s’il n'était pas préparé à le comprendre. Pour la même raison, la scène se termine sur une réplique incrédule du cardinal: 2. Cf, p. 10, note |. Il faut se représenter un vaste champ de foire avec des étalages en plein vent; 3. Citadelle, bâtie pour héberger les gardes allemandes énvoyées par Charles-Quint pour Rens les Médicis après leur restauration. Elle existe encore sous le nom de Fortezza da

asso.

Page 1