‹ LorenzaccioChapitre 24 sur 95 · SCÈNE VI. — MARIE SODERINI, CATHERINE · texte numérisé non relu

SCÈNE VI. — MARIE SODERINI, CATHERINE

Le bord de l’Arno.

CATHERINE. — Le soleil commence à baisser. De larges bandes de pourpre traversent le feuillage, et la grenouille fait sonner sous les roseaux sa petite cloche de cristal. C’est une singulière chose que toutes les harmonies du soir avec le bruit lointain de cette ville.

MARIE. — Il est temps de rentrer; noue ton voile autour de ton cou.

CATHERINE. — Pas encore, à moins que vous n’ayez froid. Regardez, ma mère chérie! : que le ciel est beau! Que tout cela est vaste et tranquille! Comme Dieu est partout! Mais vous baissez la tête; vous êtes inquiète depuis ce matin.

MARIE. — Inquiète, non, mais affligée. N’as-tu pas entendu répéter cette fatale histoire de Lorenzo? Le voilà la fable de Florence.

CATHERINE. — O ma mère! la lâcheté n’est point un crime; le courage n’est pas une vertu : pourquoi la faiblesse estelle blâmable? Répondre des battements de son cœur est un triste privilège; Dieu seul peut le rendre noble et digne

1. Catherine Ginort, belle-sœur de Marie. Elle lui donne le nom de mère à cause de leur très grande différence d'âge : Catherine n'a que vingt-deux ans. S

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