ACTE II. SCÈèNE VI
LE DUC. — Donne-moi mes habits, Où est donc ma cotte de mailles ?
GIOMO. — Je ne la trouve pas; j'ai beau chercher : elle s’est envolée.
LE DUC. — Renzino la tenait il n’y a pas cinq minutes; il
laura jetée dans un coin en s’en aMant, selon sa louable
coutume de paresseux.
GIOMO. — Cela est incroyable; pas plus de cotte de mailles que sur ma main.
LE DUC. — Allons, tu rêves! cela est impossible.
GIOMO. — Voyez vous-même, Altesse; la chambre n’est pas si grande!
LE DUC. — Renzo la tenait là, sur ce sofa. (Rentre Lorenzo.) Qu’as-tu donc fait de ma cotte? nous ne pouvons plus la trouver.
LORENZO. — Je l’ai remise où elle était. Attendez : non, je l’ai posée sur ce fauteuil; non, c’est sur le lit. Je n’en sais rien; mais j'ai trouvé ma guitare. (17 chante en s’accompagnant.)
Bonjour, madame l’abbesse.
GIOMO. — Dans le puits du jardin, apparemment ? çar vous étiez penché dessus tout à l’heure d’un air tout à fait absorbé.
LORENZO. — Cracher dans un puits pour faire des ronds
est mon grand bonheur. Après boire et dormir, je n’ai pas,
d’autre occupation. (J7 continue à jouer.)
Bonjour, bonjour, abbesse de mon cœur.
LE DUC. — Cela est inouï que cette cotte se trouve perdue ! Je crois que je ne l’ai pas Ôtée deux fois dans ma vie, si
ce n’est pour me coucher.
LORENZO. — Laissez donc, laissez donc. N’allez-vous pas faire un valet de chambre d’un fils de pape? Vos gens
la trouveront.
LE DUC.— Que le diable t’emporte! c’est toi qui l’aségarée.
LORENZO. — Si j'étais duc de Florence, je m’inquiéterais