SCÈNE II. — Entrent PHILIPPE ef PIERRE
Au palais Strozzi.
Philippe Strozzi consent à se joindre à la conspiration organisée par les Pazzi et ses fils contre les Médicis.
SCÈNE III. — UN OFFICIER ALLEMAND ef des soldats ; THOMAS STROZZI, au milieu d’eux.
Une rue.
L’OFFICIER. — Si nous ne le? trouvons pas chez lui nous le trouverons chez les Pazzi,
1. C'est dire à mots couverts que l'épée ne servira jamais à autre chose qu'au meurtre d'Alexandre: 2. Pierre Strozzi, recherché comme son frère pour le meurtre de Julien Salviati. Cf. acte II, scène vir; 3. Pazzi. Allusion à diverses conspirations républicaines déjà organicées par F5 Pazzi, notamment celle qui avait abouti en 1478 à l'assassinat de Julien de Médicis.
THOMAS. — Va ton train, et ne sois pas en peine; tu sauras ce qu’il en coûte.
LE OFFICIER. — Pas de menace; j’exécute les ordres au duc, et n’ai rien à souffrir de personne.
THOMAS. — Imbécile! qui arrêtes un Strozzi sur la HE d’un Médicis! (17 se forme un groupe autour d’eux.)
UN BOURGEOIS. — Pourquoi arrêtez-vous ce seigneur? nous le connaissons bien, c’est le fils de Philippe.
UN AUTRE. — Lâchez-le; nous répondons pour lui. :
LE PREMIER. — Oui, oui, nous répondons pour les Strozzi. Laisse-le aller, ou prends garde à tes oreilles.
L’OFFICIER. — Hors de là, canaille! laissez passer la justice du duc, si vous n’aimez pas les coups de hallebarde: (Pierre et Philippe arrivent.)
PIERRE. — Qu’y a-t-il? quel est ce tapage? Que fais-tu là, Thomas ?
LE BOURGEOIS. — Empêche-le, Philippe, il veut emmener ton fils, en prison.
PHILIPPE. — En prison? et sur quel ordre?
PIERRE. — En prison? sais-tu à qui tu as affaire?
L’OFFICIER. — Qu’on saisisse cet homme! (Les soldats arrêtent Pierre.)
PIERRE. — Lâchez-moi, misérables, ou je vous éventre comme des pourceaux!
PHILIPPE. — Sur quel ordre, agissez-vous, monsieur ?
L’OFFICIER, montrant l’ordre du duc. — Voilà mon mandat: J'ai ordre d’arrêter Pierre et Thomas Strozzi. (Les soldats … repoussent le peuple, qui leur jette des cailloux.)
PIERRE. — De quoi nous accuse-t-on? qu’avons-nous. fait? Aidez-moi, mes amis; rossons cette canaille. (17 tire son épée. Un autre détachement de soldats arrive.)
L'OFFICIER. — Venez ici; prêtez-moi main-forte. (Pierre est désarmé.) En marche! et le premier qui approche de trop près, un coup de pique dans le ventre! Cela leur apprendra à se mêler de leurs affaires.
PIERRE. — On n’a pas le droit de m’arrêter sans un ordre
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