SCÈNE VII
Le bord de l’Arno, un quai. On voit une longue suite de palais!. LORENZO, entrant. — Voilà le soleil qui se couche; je n’ai pas de temps à perdre, et cependant tout ressemble ici
à du temps perdu. (J7 frappe à une porte.) Holà! seigneur Alamanno! holà!
ALAMANNO, sur la terrasse, — Qui est là ? que me voulezvous ?
LORENZO. — Je viens vous avertir que le duc doit être tué cette nuit; prenez vos mesures pour demain avec vos amis si vous aimez la liberté.
1. Toute la scène est historique, à ceci près que Lorenzo dans la réalité ne prévient les conspirateurs qu'après le meurtre. Les raisons de ce changement sont d'ordre dramatique.
ACTE IV. Scène VII — 95 ALAMANNO. — Par qui doit être tué Alexandre ? LORENZO. — Par Lorenzo de Médicis.
ALAMANNO. — C’est toi, Renzinaccio? Eh! entre donc souper avec de bons vivants qui sont dans mon salon.
LORENZO. — Je n'ai pas le temps; préparez-vous à agir demain.
ALAMANNO. — Tu veux tuer le duc, toi? Allons donc! tu as un coup de vin dans la tête. (J/ sort.)
LORENZO, seul. — Peut-être que j’ai tort de leur dire que c’est moi qui tuerai Alexandre, car tout le monde refuse
| es croire. (17 frappe à une porte.) Holà! seigneur Pazzi! olà!
PAZZI, sur sa terrasse. — Qui m'appelle?
LORENZO. — Je viens vous dire que le duc sera tué cette nuit; tâchez d’agir demain pour la liberté de Florence.
PAZZI. — Qui doit tuer le duc?
LORENZO. — Peu importe, agissez toujours, vous et vos amis. Je ne puis vous dire le nom de l’homme.
PAZZI. — Tu es fou, drôle, va-t’en au diable! (JJ sort.) LORENZO, seul. — Il est clair que si je ne dis pas que c’est
moi, on me croira encore moins. (27 frappe à une porte.) Holà! seigneur Corsini! | LE PROVÉDITEUR, sur sa terrasse. — Qu’est-ce donc? LORENZO. — Le duc Alexandre sera tué cette nuit.
LE PROVÉDITEUR. — Vraiment, Lorenzo! Si tu es gris, va plaisanter ailleurs. Tu m’as blessé bien mal à propos un cheval au bal des Nasi; que le diable te confonde! (Z/ sort.)
LORENZO. — Pauvre Florence! pauvre Florence! (JJ sort.)