‹ LorenzaccioChapitre 33 sur 60 · Ici Larivey fait contresens sur contresens · texte numérisé non relu

Ici Larivey fait contresens sur contresens

doit faire pour acquérir honneur et gloire, et non un si brief soûlas qui tire après soy si griefve pénitence.

A. ceste cause, mon enfant, tu feras bien convertir ton amour en un plus raisonnable, dont tu puisses retirer contentement sans tant de périls; car, grâces à Dieu, il n’est fille dans Lucques, dont les parents ne t’octroyassent volontiers la main; dispose-tov donc à prendre femme, et me donner ce contentement, il en est temps, et je ne regarde pas à la dot; ce m’est tout un, pourveu qu’elle te plaise et soit fille de bien, et ainsi tu pourras te faire coulent et moy aussi.

Erminio. — Je ne seray jamais content si je n’ay ma chère Fiammette; pourtant je vous veux dyre (pie vos paroles ont fait en moy tel effet qu’elles m’ont ouvert la pensée à quoy je n’aurois cru jamais, et vous jure, par la révérence que je vous porte, de m’efforcer de tout mon pouvoir à faire en sorte que je vous contente, m’asseurant pourtant de trouver en vous quelque compassion.

Marc. — Si lu en es là, de voidoir compassion, me voylà frais.

Erminio. — Voulez-vous de moi ce (pii n’est en mon pouvoir?

Marc. — Non, ny de toy, ni d’autre je ne veux l’impossible, mais tasche, tasche bien, mon fils, car ce que tu trouves estrange et fascheux au commancemént, te sera enfin aysé et agréable, car telle est la nature des choses bien faictes; aussi, laisse-lo) conseiller, et pense quej’ay plus d’expérience que toy; et le dy cela seulement pour le bien que je te veux.

Erminio. — Je feray ce que je pourruy.

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