SCÈNE III
Ruffo, Lucido et Messire Anfolso.
Ruffo. — Nous sçaurois-tu enseigner où sont Livie et Tibère?
Lucido. — Ah ! goulu !
Ruffo. — Où ?
Lucido. — Au lict 1
Messire Anfolso. — Je commance à me repentird’estre venu à Lucques.
Lucido. — Que veux-tu faire d’eux ? On t’a pourtant payé.
Ruffo. — Yoicy le père de Livie, qui la voudroit veoir.
Lucido. — A la bonne heure; elle aussi désire le veoir, car elle a sceu qu’il estoit venu, mais elle ne veut ouïr parler de s’en retourner à Tortone, et Tibère feroit
mille folies, si on luy en disoit mot : car en despit de tout le monde il dict qu’il la veut pour femme.
Messire Anfolso. — Ce pourroit estre pour sa fortune; mais de grâce, mène-nous où ils sont, car je meurs d’envie de la veoir.
Lucido. — Ils sont icy, chez le seigneur Marc Antoine; allons par deçà, nous entrerons par l’huys de derrière.