‹ Lorenzo, ou, Le ConscritChapitre 18 sur 56 · I 8 V* MESSAGÈRE · texte numérisé non relu

I 8 V* MESSAGÈRE

Iriser ses impressions ; cependant il lui était fort difficile ce jour-là de faire bon visage et de se montrer gaie, tandis que mille cruels soucis lui décliiraienl le cœur. Comment écrire? Comment se soustraire à l'affectueuse société de ses cousines, sortir en cachette et se rendre avec sa barque à la montagne de la caverne ? Parmi ces cousines il y avait une de ces jeunes filles à l'esprit faible, qui ont peur des ombres nocturnes, des lutins et des follets, de sorte qu'il ne lui suffisait pas d'avoir une veilleuse allumée pendant la nuit, et qu'il fallait encore que sa sœur ou sa femme de chambre allât dormir à côté d'elle. Elle était arrivée seule avec d'autres jeunes parentes, et sa mère l'avait confiée à une belle-sœur. Comme elle était fort familière avec Marinetla, elle lui annonça son intention de coucher celle nuit-là avec elle.

— Volontiers, ma belle amie, répondit Marinetla, mais tu ne sais pas combien ma chambre est petite : figure-toi une cellule de capucin , où l'on peut à peine placer un petit lit et une chaise; elle me plaît cependant, parce qu'à peine éveillée, je puis voir, par la fenêtre , toute l'étendue du golfe et les vaisseaux qui le sillonnent.

— Fais le sacrifice, chère cousine , de laisser la chambre pour cette nuit, et de venir dans la mienne , Je te serai si reconnaissante !

— Eh bien î je le ferai , et de la meilleure volonté du monde.

Cependant elle disait è part soi :

— Oh! si je pouvais avoir Violentina à dîner, de combien d'embarras elle me tirerait.

A la première occasion , elle va trouver son père, lui adrest^eune série de propos charmants, et arrive doucement à jeter sur le tapis l'invitation de Violentina.

— Toujours des tiennes, cria Lamba. Comment ! je to permets d'aller la voir quand tu veus, je souffre qu'ella

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