LA PAIX LE
secret avec les parents et les amis. Le jour où arriva lo courrier qui apportait l'abdication de Napoléon, Violentina donna a Lorenzo le signal convenu, et fit savoir à Marinetta qu'elle irait reprendre son cher Lorenzo, pendant la nuit, et qu'avant de le conduire à la maison, elle passerait avec sa barque au pied de son jardin, afin qu'ello pût le voir la première et le féliciter de son retour.
A l'heure indiquée, Violentina se rendit à l'entrée de la grotte et jeta la planche. Lorenzo la franchit d'un bond, sauladcins la barque, embrassa sa sœur et serra la main à Baptiste. Violentina le lit asseoir à la poupe, et lui dit en souriant :
— Lorenzo, je te prépare sur notre chemin une douce surprise, je suis certaine que tu en seras charmé, et que tu me remercieras beaucoup de te l'avoir procurée.
Pendant que Lorenzo parlait et regardait manœuvrer fiaptisle, la nacelle arriva au pied du jardin de Lamba. Violentina lève la rame, Baptiste saute dehors et attache la corde, la petite porte s'ouvre doucement, et Lorenzo voit Marinelta debout : il descend à terre avec Violentina c|ui lui serre le bras et le conduit devant sa fiancée. Pénétré de la plus profonde vénération, il lui prend la main ei la baise en disant :
— Marinetta, permets à ton Lorenzo de te donner cette marque de l'incomparable respect qu'il t'a voué. Je to considère comme ma libératrice. Que Dieu te rende tout le bien que tu m'as fait, les consolations quetu m'as procurées dans ma solitude, les joies dont tu as inondé ce pauvre cœur, qui n avait rien de bon en soi, si ce n'est l'ardente affection qu'il te portait : je reconnais que je n'étais pas digne de tant de bontés, et qu'en m'élevanl à Dieu lu m'as rendu capable de sentir la céleste beauté de la vertu et de l'aimor en Dieu de l'amour le plus noble et le plus saint.