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Miirinelta, modeste et. confuse, ne put répondre que ces mois :
— Remercions la divine miséricorde qui a tout, fait en nous : Lorenzo, aime-moi , et prie afin que je puisse bientôt me dire ton épouse.
Elle se reîira ; Lorenzo et Violenlina retournèrent dans ia barque, et quelques instants après ils arrivèrent au jardin paternel.
Giano Taltendait avec anxiété, et dès qu'il le vit entrer, il courut l'embrasser, en s'écriant :
— Mon fils! Lorenzo, mon fils I
Et il le couvrit de larmes et de Laisers. Lorenzo se jcîa à ses pieds et lui dit :
— Mon père, vous m'avez béni avant de me dosceudro dans la caverne, bénissez-moi maintenant que Dieu me ramène à vous.
Le marquis leva la main et le bénit, ensuite il ajouta :
— Lorenzo, comment ferons-nous avec la mère? nous lui avons annoncé Ion prochain retour, elle complètes moments et t'a préparé ta chambre depuis plusieurs jours. Craignant que l'excès de la joie ne lui fît du mal, nous avons cru devoir lui dire que lu avais beaucoup soufiert, et que le climat de la Sardaigne t'avait été fort nuisible.
Puis il dit à Violentina :
— Monte auprès de ta mère, et apprends-lui le retour de Lorenzo : mais prends bien garde.
Violentina alla trouver sa mère, et lui dit avec une certaine tristesse :
— Maman, le cher Lorenzo vient de rentrer: oh! maman, comme il est pâle , comme il est décharné ! combien il doit avoir souffert de ce mauvais air? vous verrez.
— Hélas, malheureuse que je suis! s'écria la marquise, en se levant pour aller à sa rencontre.
Lorenzo entra et se jeta dans ses bras; et les amia lui ôisaicnt :
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— Pauvre Lorpnzo, comme il est changé I
Lorenzo se déroba aux embrassements maternels et se laissa tomber sur une chaise, en disant avec effort :
— Oh I oui, j'ai souffert beaucoup, beaucoup.
Et sa mère le regardait d'un air de compassion et le trouvait vraiment fort défait. Peu à peu, Lorenzo commença à entrer dans mille particularités de son voyage, parlant tantôt de l'île et tantôt du roi, qu'il disait sur le point de revenir et de débarquer à Gênes.
Lamba fut des premiers pour aller féliciter Lorenzo et Giano, et le même motif amena beaucoup d'amis et de parents de Gênes. On fit de grandes fêles, et beaucoup de nobles dames conçurent l'espérance de donner leur fille à Lorenzo ; mais le jeune homme avait la tête ailleurs, et il déjouait habilement les manœuvres que l'on faisait auprès de sa mère et de Giano.
Ces manœuvres et l'opposition prévue de Lamba avaient jeté Marinelta dans la plus cruelle angoisse. Bientôt ses traits s'altérèrent et ses forces diminuèrent. Il arriva un matin que la pauvre demoiselle ne put se lever. On envoya chercher le médecin qui jugea la maladie mortelle dès les premières visites. En effet, une semaine ne s'était pas écoulée, que Marinetta était à l'extrémité, et qu'il fallut la disposer à recevoir les derniers sacrements. Son malheureux père qui la croyait perdue, était dans le plus violent désespoir. Le sage abbé Gérard, qui savait lessuiles funestes que peut avoir un amour contrarié, se décida à aller trouver Lamba, qui se désolait sur un sopha, et il lui dit :
— Marquis, si vous voulez, vous pouvez guérir Marinetta.
— Moi? répondit Lamba, avec un tressaillement de tous ses membres. Moi 1 puis-je faire des miracles ? MariliClla est morte, il n'y a plus d'espérance.
— Ne désespérez point, marquis : la maladie est fort
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f?rave, mais j'oserais presque garantir la guérison de votre fille, si vous lui permettez d'accomplir un désir ardent qu'elle a formé depuis longtemps. Croyez-moi, Marinetta aime Lorenzo, fils de Giano; et comme elle sait que vous ne voudriez pas consentir à son mariage pour la voir entrer dans une famille du Portico-Nuovo, la pauvre fillo se consume et se meurt de chagrin.
— Que venez-vous me parler de Portico-Nuovo et de Portico-Veccbio? Que les Portici aillent où ils voudront, j>ourvuque ma fille soit sauvée. Allons toutde suite la consoler.
— Doucement, marquis. Une commotion trop vive peut tout gâter. Faites-la plutôt préparer par Violentina. C'est l'heure où elle a l'habitude de venir l'assister.
Violentina entra quelque temps après. Lamba l'entretint à part avec l'abbé, et ils convinrent de la manière dont elle annoncerait son consentement à Marinetta. Violentina assura Lamba, avec une gracieuse rougeur, que les deux jeunes gens s'aimaient depuis longtemps; puis elle se rendit auprès de Marinetta, qu'elle caressa doucement, en disant :
— Eh bien ! chère amie, comment te trouves-tu?
— Mal, Violentina, très-mal. Lorenzo connaît-il mon état? Son chagrin me fait bien de la peine, encourage-le; dis-lui que si Dieu ne veut pas que nous soyons unis sur )a terre, nous serons au moins unis dans le ciel.
— Je crois, lui dit Violentina en souriant, que Dieu veut vous unir avec Lorenzo dès ici-bas. Je sais ce que je dis.
— Comment! reprit la malade avec une certaine anxiété; amie, ne viens pas me tromper. Ah! mon père !...
— Ton père précisément a laissé échapper un certain mot qui me fait croire que, si ta guéris', il consentira volontiers.