III. — LF.S APPRÊTS
Non loin du château de Marinetta descend un petit vallon qui débouche dans la mer. Ce vallon forme, avec le flanc hérissé de la montagne, une sorte de cadre sauvage au délicieux jardin et lui donne un surcroît de grâce et de majesté, comme le contraste des lumières et des ombres rehausse les beautés d'un riche tableau. En effet, tandis que le jardin réjouit merveilleusement la vue par mille genres de fleurs, de feuillages, d'arbustes, et les bosquets de myrtes et de lauriers toujours verts, dont il est orné dans toute son étendue, lœil ne peut se reporter sans effroi sur ces roches sombres et rougeâtres, amoncelées en désordre sur des blocs escarpés, ni contempler sans terreur ces masse- suspendues et menaçantes, entre lesquelles s'élèvent des mélèzes et des pins d'un vert foncé, qui semblent les soutenir avec leurs racines entrelacées et fixées dans les crevasses. Ces rocs arrachés et renversés s'écroulèrent successivement et se roulèrent vers le rivage. Ils ont fini par remplir toute la plage voisine de blocs rompus et jetés çà et là, contre lesquels la mer vient briser le courroux de ses flots.
Cependant l'un de ces rochers, violemment arraché do son assiette dans l'impétuosité de l'éboulement, se précipita plus avant dans l'abîme; ne touche plus à la terre que par une croupe étroite qui descend presque verticalement du sommet à la base. Taillé à pic, il élève au-dessus des autres sa tête altière et menaçante et prolonge sur les vagues un regard sombre et terrible qui remplit d'effroi