LUS DEUX ENFANTS ABANDONNÉS
rassasiés. Elle avait un cabinet à côté de sa chambre, elle y fîl un lit et prévinlDon Giovanni que tout élait y)iêt.
» L Aichiprêlre avait reconnu que les enfants étaient allemands. Comme il avait appris la langue allemande dans sa jeunesse, il commença à questionner l'alné et ii lui demander le nom de ses parents; mais il n'en put rien tirer, sinon qu'il se nommait Albert et que son pelil fière se nommait Oscar. Oiiand Pasqua vint annoncer que le lit était pré[)aré, Don Giovanni prit Oscar dans son bras, donna la main a Albert et les conduisit dormir. Il resta présent pendant que Pasqua les désiiabillait. On ne croirait pas comme les deux enfants étaient propres, el tous laurs petits vélemenlsbien ajustés ! Dans les poches d'Oicar, ils trouvèrent des papillottes pour serrer ses cheveux la nuit, et dans le pourpoint d'Albert, la brosse pour les dents et une lime pour les ongles.
» Eu dégraiïant la blouse d Oscar, il en était tombé un papier que Pasqua n'avait point remarqué ; Don Giovanni le ramai-sa, s'approcha de la lumière et lui les lignes suivantes écrites en françdis: «La plus malheureuse des mères recommande ces chers et infortunés objets de son amouc. à la charité des âmes pieuses. Ah I s'il est une mère qui les recueille, qu'elle boii bénie, et que le Ciel lui donne autant de consolations que mon cœur déchiré éprouve de tourments lo
— Ah! Oscar, je le veux, s'écria la comtesse Argcnide ; cher petit ange abandonné !
— El moi, le petit Albert, dit la marquise Clelia. Ohl pauvres créatures !
— Pauvre mère! cria, avec sa grosse voix étouGee j)ar une vive émotion, le comte Léonard.
C'était un gentilhomme âgé, qui avait été colonel do cavalerie.
— La n)ère! je vous dis, reprit-il ; qui sait dans quelles angoisses mortelles se trouve cette pauvre dame?