‹ Lorenzo, ou, Le ConscritChapitre 52 sur 56 · GI · texte numérisé non relu

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la grâce et de la conscience. Au milieu de ces luttes insupportables, mon anie souffrit un tel martyre que j'en tombai malade. Je guéris, mais il m'en est resté une douleur aux épaules et c'est pour la faire disparaître que les médecins m'ont conseillé les bains de la Porretta.

Don Giovanni écouta attentivement toute la narration de la danseuse; ensuite, profitant des bonnes dispositions où il la voyait, touchée qu'elle était de la pensée des miséricordes divines, regrettant sa folle résolution, et désireuse de réparer le mal, s'il était possible, il l'encouragea doucement à espérer en Dieu, l'engagea à donner accès à la grâce en se remettant un peu à l'oraison, en ne s'exposant pas aux occasions périlleuses qui sont fréquentes aux eaux, en s'approchant de Jésus dans le Saint-Sacrement, parce que c'est dans cette fournaise d'amour que se trouvent la paix, la lumière, l'espérance, la force et la vertu pour les entreprises les plus difficiles ; il ajouta qu'aux eaux ils se verraient et se trouveraient ensemble avec toute discrétion et prudence.

Dès les premiers jours, on ne parlait à la Porelta, parmi l'élégante jeunesse, que de la belle inconnue qui du bain retournait à la maison, de la maison à l'église, de l'église à la promenade, mais toujours seule, et jamais sur la roule principale. Elle était toujours mise avec beaucoup d'élégance, comme si elle recevait ou rendait des visites à toute heure; elle changeait de toilette tous les jours; elle portait les robes les plus jolies; elle chaussait les bottines les plus coquettes ; elle portait un petit chapeau plat, rabattu à la provençale; elle marchait avec une noble aisance, regardait d'un air triste, et gardait une contenance pleine de retenue. Personne ne sut d'abord si elle était italienne ou étrangère ; mais on apprit aux bains qu'elle parlait français avec les domestiques. Avant cinq heures du matin, elle était à boire l'eau de la Pouzzola,

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