Dion Cassius, XXX VII
3. Pline, Panégyrique, 63 et 92 ; il résulte en particulier de ces passages que la renunciatio se faisait au Champ-de-Mars el était accompagnée de formalités assez longues et suivie (ou précédéc) d’un serment des élus. — Suétone, Domnitien, 10. — Dion Cassius, LVIIT, 20.
4. Vopiscus, Tacite, 7. Il est intéressant de reproduire la description de la cérémonie : « Inde itum ad Campum Martium. Ibi comitiale tribunal ascendit [Tacitus] ; ibi præfectus Urbis Ælius Cesetantius sic loquutus est : «Vos,sanctissimi milites, et sacratissimi vos, Quirites, habetis principem quem de sententia omnium exercituum senatus elegit : Tacitum dico, dugustissimum virum, ul qui hactenus sententiis suis rempublicam juvit, nunçc juvet jussis atque consultis ». Acclamatum est a populo:« Felicissime Tacite Auguste, dù te servent », et reliquæ quæ solent dici ».
considérée comme stérile. L'origine et la forme exacte nous = échappent ; mais les grandes lignes sortent peu à peu du 5 mystère où elles sont restées de longs siècles ensevelies et cela suffit à jeter une nouvelle clarté sur les tendances, les habitudes et la tournure d'esprit du peuple romain.
Nous avons rencontré à plusieurs reprises, au cours de l'étude qui précède, le passage de Cicéron, dans lequel, au chapitre 22 du livre IT du Traité de la République, il donne une descriplion très brève de l’organisation centuriate. Mais nous n’avons pu examiner toutes les théories émises à propos de ce texte, sous peine de nous laisser entraîner à d’interminables digressions. Nous avons préféré en rejeter l'examen sommaire dans un appendice spécial *.
Ce texte, sur lequel se fondent uniquemeni des théories siimportantes, nous est parvenu en fort mauvais état. La phrase capitale en particulier a été gravement altérée par la légèreté évidente et l’ignorance d’un copiste. Le manuscrit palimpseste du Vatican en donne deux rédactions de mains différentes. La première est à peu près incompréhensible, la seconde au contraire présente un sens assez clair. Nous reproduisons ci-dessous, d’après Halm (édition
1. On peut voir spécialement sur le texte que nous étudions : Maï, Préface de l’édition de 1822 (Cotta); Niebuhr, Rômische Geschichte, t. I, p. 499, n. 1039, et Uber die Nachricht von den Comitien den Centurien im zweiten Buche Ciceros de Republica, Bonn, 1893 ; Boner, Le comitiorum romanorum centurialis commnentatio historica et critica, Münster, 1833 ; Halm, dans l'édition d’Orelli, t, IV, p. 803 et 804; Raümer, De Servii Tullii censu, Erlangen, 1810; Haschke, Servius Tullius, chapitre 4; Rheinisches Museum, 1853, p. 808-320, 406-415, 616-623, études de Ritschl, Huschke et Lange ; Strelitz, De antiquo Ciceronis de Republica librorum emendatore, Nratislavia, 1872 ; Zeitschrift der Savigny-Stiftung fur Rechtswissenschaft, t. XII, 1892, Etude de Klebs. — Pfaff, De diversis manibus quibus Ciceronis de Re-
publica libri in codice Vaticano correcti sunt, n’a pas étudié le passage qui nous occupe.
Orelli}, la disposition de la phrase dans le manuscrit. La
colonne de gauche donne le seul texte de la première main ; celle de droite contient, comme le manuscrit actuel, les surcharges postérieures.
1e main seule.
NUNCRATIO NEMUIDETIS ESSETALEMUT EQUITUMCER TAMINECUM ET SUFFRAGIIS ETPRIMACLAS SIS ADDITACÉ TURIAQ.ADSU MUMUSUM URBISF ABRIS TGNARIISEST DATA.UIII CÉ TURIASTOTE
NIM RELIQU ÆSUNTOCTO SOLÆSIACCES SERUNTCO FECTAESTUI SPOLIUNIUER SA
1'° et 2 mains.
NUNCRATIO NEMUIDETIS ESSETALEMUT EQUITUMCEN TURIECUM SEXSUFFRAGIIS ETPRIMACLAS SISADDITACEN TURIAQ. ADSUM MUMUSUM URBIS FABRIS TIGNARIIS EST DATALXXXIX CÉ TURIAS HABEAT QuIR.
RE QUATTOR CENTURIISTOT eNIMRELIQUx SUNTOCTO SOL ÆSIACCES SERUNTCÔ FECTAESTUIS POPULIUNIUER SA
Il serait évidemment très important d'être fixé sur la valeur relative de la seconde rédaction ; mais précisément l'accord n’a pu se faire à ce sujet : tandis que les uns croient y voir la reproduction exacte, ou à très peu de chose près,
de la phrase de Cicéron‘, les autres estiment que l’incorrection en est telle, qu'il est impossible d'admettre qu'elle soit jamais sortie de sa plume *.
Nous ne les suivrons pas dans leurs efforts pour restituer le texte originaire. À notre point de vue, en effet, une seule chose est importante, c’est de savoir si Cicéron a vraiment donné 70 centuries seulement à la première classe ou s’il lui en a accordé 80. Or, si l’on reconnaît que Cicéron admet le nombre total de 193 centuries, ce qui est incontestable ?, et que d’ailleurs il analyse la composition de la majorité minima, formée des éléments supérieurs de la population, ce qui résulte à l'évidence des mots « confecta est vis populi universa », « equilum », € prima classis », etce., on est naturellement amené au chiffre 70. En effet sur 193, la majorité absolue est de 97. Or on Pobtenait, d’après la première main, en additionnant les dixhuit centuries de chevaliers, celles de la première classe, celle des éignarii et enfin huit autres. Il fallait donc en tout en ajouter 27 à celles de la première classe, dont le nombre par suite était bien 70, d’après la rédaction la