Belot, loc. cit
2. A la vérité cela serait moins grave, car l'introduction de l'argent est bien postérieure à Servius et les variations en ont été moindres ; mais il n’en serait pas moins résulté d’inévitables erreurs. La seule méthode irréprochable eût consisté à dire : « Servius fixa le cens de la première classe à x as librauxæ », en ajoutant, si l’on voulait, qu’ils équivalaiént au temps des écrivains, à y as sextantaires ou à z drachmes. Aucun auteur ne l'a fait. Tite- Live, en s'exprimant en as qu'il ne définit pas, et plus encore Denys, en se servant de drachmes sans indiquer comment il les a obtenues, emploient donc des procédés vicieux quelque théorie que l’on admette, On n’arriverait évidemment à aucun résultat en recherchant directement la valeur des drachmes de Denys,aui ne sont en tous cas qu’une transformation plus ou moins imparfaite des as primitifs.
ver au rapprochement des passages de Denys et de Tite- Live l'importance décisive qu’on lui prête à l’appui du système de Bæckh ; il n'est pas certain que Denys ait fait le calcul dont on vient de lire l’analyse', mais cela est possible, et dès lors son texte constitue un argument qui peut èlre presque indifféremment invoqué à l'appui de l’une ou l’autre thèse.
Nous devons donc chercher ailleurs les motifs de notre interprétation. Nous en trouvons un très important dans Pline? : il ne nous dit pas d’une façon absolument formelle que le chiffre qu’il nous donne pour la première classe (110.000 ou 120.000 as) est exprimé en as libraux, mais cela résulte presque à l'évidence du contexte ; il commence en effet par nous dire qu’à l’époque de Servius on usait d’as libraux, puis il exprime en as la valeur du cens établi par ce roi ; comment admettre qu’il s'agit d’as sextantaires? C'est là une très importante présomption en faveur de la lecture en as lourds. Il est évident d’ailleurs, par le seul fait de l’analogie des nombres, que l’unité de Pline est aussi celle de Tite-Live. La petite différence de leurs indications (qui porte d’ailleurs sur un chiffre incertain dans les manuscrits de Pline et ne provient peut-être que de lectures vicieuses des copistes) ne saurait provoquer aucun doute à ce sujet.
Si maintenant nous nous plaçons au point de vue purement ralionnel, nous sommes amené à chercher lequel des deux systèmes présente le plus de vraisemblance. En somme, suivant l'interprétation que l'on admettra, les for-