Belot, Révolution économique, p
5. Tite-Live, IL, 31 ; V, 32; VII, 16 ; Denys, X, 49 ; Plutarque, Camille, 13. Il faut toutefois remarquer que ces amendes considérables ne se produisent que peu avant la loi des XII Tables ; jusque-là elles étaient plus modérées. C’est ainsi que Menenius fut condamné à une amende de 2.000 as (Tite-Live, IL, 52; Denys, IX, 27).
c'est-à-dire que, dans le système de Bæckh, elles égaleraient une fortune de la troisième ou de la seconde classe. L'amende pour délit grave était de 3.000 livres de cuivre et se trouverait supérieure au cens de la dernière classe. Ce seraient là de bien fortes peines ct peu de citoyens eussent été en mesure de les supporter.
Le prix du cheval de bataille, qui nous a été conservé par Tite-Live‘, peut constituer un autre élément de discussion : il est de dix mille as et, ici il n’y a guère de doute, il s’agit d’as sextanlaires ?. Si l’on admet la théorie de Bæœckh, une fortune de la première classe équivaudrait à dix chevaux et le cens de la dernière à un peu plus d’un cheval. Bien plus la limite inférieure de celui des prolétaires (375 as d'après Aulu-Gelle *) serait égale à la 29° partie du prix d’un cheval. Ce sont des sommes bien peu importantes et nous ne pouvons les considérer comme acceptables
1. I, 43. A notre sens, le passage où Varron (de lingua latina, VIII, 71) porte à 1000 assarii, c’est-à-dire à 1000 as libraux le prix du cheval n’a pas la valeur qu'on « voulu lui donner. Varron nese préoccupe que d'une question grammaticale : quel est le génitif pluriel du mot assarius ? Et il introduit dans sa phrase le chiffre 1000 exempli gratia sans y attacher d'importance. Si nous pensions qu'il en füt autrement, nous en prendrions texte pour porter à une valeur plus élevée l’as libral et pour augmenter par suite celles des cens que nous proposons et qui nous semblent encore un peu faibles. 2. Assurément on peut trouver singulier que, dans un même chapitre, Tite-Live se serve comme unités d’as libraux pour le cens et d'as sextantaires pour la valeur du cheval. Mais nous ne voyons guère de moyen de ne pas reconnaître cette inconséquence. En tout élat de cause, les arguments développés ci-dessus nous paraissent rendre inadmissible que les chiffres de Tite-Live soient exprimés dans la même unité. Maintenant est-ce bien las sextantaire qu’il a employé pour le cheval ? N'est-ce pas par exemple Vas d’une once ? Pline (Hist. nat., XXXIIL, 8 ou 13) nous apprend qu’en matière de solde on se servait de l’as sextantaire, même après qu'il fut devenu une monnaie fictive ; c’est donc cet as que Tite-Live a dû utiliser.