‹ L’Organisation Centuriate Et les ComicesChapitre 34 sur 114 · N, 7: QC quibus census equesler erat · texte numérisé non relu

N, 7: QC quibus census equesler erat

5. On trouve également dans le même auteur (III, 27) l'exemp'e du muitre de la cavalerie de Cincinnatus, Tarquitius, qui, bien que patricien, était fantassin à cause de sa pauvrelé. Mais, vu l'absence de détails, on pourrait . soutenir que le cens de la première classe lui faisait défaut : l'argument tiré de ce texte n’est donc pas formel,

6. Belot, Chev. Romains, t. I, p. 175 et Révolution économique, p. 5 : Mommsen, Staatsrecht, t. IL, 1, p. 258 ; trad., t. VI, 1, p. 292. Ce dernier reconnaît toutefois la force des deux textes précités de Tite-Live.

7. Belot cependant admet l'identité du cens équestre et de celui de la première classe à toute époque (Chevaliers Romains, et surtout Révol. écon., loc. cit.). Nous tenlerons au ch. II de réfuter ses arguments.

toyens de la première classe sont devenus chevaliers 1. C'est aller beaucoup plus loin que nous. On se fonde pour cela sur ce qu’un certain nombre de textes nous parlent d'equiles equo privato et les opposent aux equites equo publico. En outre des chevaliers pourvus de chevaux par le trésor, 1l y en avait donc d’autres qui se montaient à leurs frais : nous n'éprouvons quant à nous aucune difficulté à nous l'expliquer : ces equites equo privato étaient les chevaliers qui, n'ayant pas été compris dans la levée des corps de troupes, servaient comme volontaires et à leurs frais, en vue sans doute de terminer plus rapidement les dix ans de service effectif après lesquels ils pouvaient aspirer aux magistratures, ou pour prendre part à une expédition devant rapporter honneur et profit.”

Mais cette explication échappe à ceux qui admettent que tous Les citoyens des dix-huit centuries étaient montés aux frais de l’État. Quels peuvent être pour eux ces chevaliers supplémentaires ? Des ciloyens de la première classe évidemment, car ils sont riches ?, puisqu'ils acquièrent leurs chevaux à leurs frais ; et, comme l’on ne trouve aucune trace d’une distinction faite dans la première classe entre ceux qui se seraient eux-mêmes créés chevaliers et les au-

1. V. spécialement Belot, Chevaliers Romains, t. I, p. 69 et %31et s.; et Guiraud, p. 22.

2. Si l’on admet les chiffres ordinairement donnés pour le cens de la première classe (100.000 as) et pour le prix du cheval (10.000 as), et la lecture en as sextantaires, conformément à la théorie de Bæckh, on trouve une raison de plus pour repousser le système exposé ci-dessus. En effet le prix du cheval, dont on eùt imposé l'achat aux citoyens de la première classe, serait en disproportion manifeste avec la forlune des moins riches d’entre eux. Voit-on un citoyen obligé de consacrer le 10° de sa fortune (sans compter le reste de l'équipement) à l'acquisition d’un cheval qui pourrait être mis hors de service dès le premier combat et qu’il faudrait alors remplacer ? Mais les chiffres en question prêtent à trop de discussions, pour que nous voulions en tirer parti.

tres, on en conclut que tous les membres de la première classe sont devenus chevaliers à une certaine époque. Voyons donc sur quels textes on se fonde pour admettre un changement aussi considérable dans la situation de la première classe. D'abord, c’est Cicéron que l’on invoque et le passage si discuté auquel nous revenons sans cesse? : « [Scripsit Servius Tullius centurias equitum] duodevigintr censu maximo. Deinde equitum magno numero ex omni populo summa separatio” ; reliquum populum distribuit in quinque classes senioresque a junioribus divisit. » L’argument consiste à affirmer que Cicéron a en vue deux sortes de chevaliers ; on traduit: — Servius Tullius forma dixhuit centuries d’equites avec le cens le plus élevé, et ensuite établit une séparation primordiale entre un grand nombre d’autres (?) cavaliers et le peuple entier; — et l’on en déduit qu'il ne peut s’agir en dernier lieu que des citoyens de la première classe, puisque les 18 centuries avaient déjà été mises à part. Nous avouons ne pas comprendre où l’on trouve dans le texte l'indication qu'il s’agit d'autres chevaliers dans le dernier membre de phrase que ceux dont il a été question dans le précédent. Le passage nous semble se traduire beaucoup plus naturellement ainsi: — Il forma 18 centuries d'equites pourvus du cens le plus élevé et établit ensuite une séparation primordiale entre ce grand nombre de chevaliers et le peuple entier. — En somme tout l’argument repose sur le mot deinde : Si, dit-on, la séparation avait été faite entre les dix-huit centuries et les autres, elle aurait résulté de la création même des premières et Servius n'aurait pas euàs’en préoc- 1. Belot, loc. cit.

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