‹ L’Organisation Centuriate Et les ComicesChapitre 45 sur 114 · Schulze, p. 71 cts. et 310 et s · texte numérisé non relu

Schulze, p. 71 cts. et 310 et s

en cinq sections dans lesquelles les votes sont recueillis ; mais leurs suffrages ne servent qu'à constituer celui de la demi-tribu, qui seul est pris en considération pour le résultat. Ici la centurie retrouve donc sa prédominance. Mais cette explication est en contradiction flagrante avec la description du fonctionnement des comices que nous fait Cicéron au chapitre 33 de la deuxième Philippique et dont il résulte qu’il y avait une proclamation du résultat partiel, après le vote de chaque classe !: c’est donc que les divisions appartenant à l’une d’elles votaient ensemble et séparément des autres.

Nous arrivons à un dernier système dont la discussion nous retiendra plus longtemps et d’après lequel Tite-Live, en écrivant les mots: « duplicato earum numero centuriis Juniorum seniorumque, » n'aurait eu en vue que les centuries de la première classe * et n'aurait entendu donner aucune indication sur les autres. Le texte ? tout d’abord n’est pas favorable à cette interprétation : après avoir décrit l'organisation servienne, l'historien en recherche les avantages et en décrit le fonctionnement ; cela fait, il nous avertit qu'il n’est pas étonnant qu'il n’y ait pas concordance entre le nombre des centuries tel qu’il vient de l'établir et

4. « Sortitio prærogativæ : quiescit, Renunciatur : lacet. Prima classis vocatur ; renunciatur ». Les mots quiescit et lacet font allusion à l'attitude d'Antoine, président des comices, que Cicéron ne juge pas correcte.

2, Boner ; Raümer ; Guiraud : op, cit. ; Mommsen, Staatsrecht, t. III, 1, p.275 ets., trad. t. VI, 1, p. 305ets.— Raümer se fonde particulièrement sur la description précitée de Cicéron (Phil., Il, 33) : il en conclut que les deux premières classes unies aux chevaliers suffisaient à constituer la majorité ; en effet on interrompt le vote au milieu de l'appel de la seconde. Mais il faut remarquer qu’il y a là une interruption accidentelle, résultant, non de la fin des opérations, mais de la seule volonté d'Antoine qu’il couvre à peine d'un prétexte. Il est clair qu’on n’en saurait rien déduire sur la constitution

de la majorité.

84 CHAPITRE Ii

tel qu'il existe de son temps, et il donne en quelques mots les raisons de cette divergence. On ne trouve ici aucune mention spéciale de la première classe.

La vérité est que cette hypothèse s'appuie, non sur notre texte, mais sur un passage de Cicéron’, dont le sens est loin d’être certain. L'auteur met dans la bouche de Scipion Emilien la description de la constitution de Servius ; les renseignements qui nous sont ainsi fournis sont en principe concordants avec ceux qui nous ont été laissés par Tite-Live et Denys? ; ainsi nous retrouvons le même total de 193 centuries ; mais un désaccord se produit en ce qui concerne le nombre des unités attribuées à ia première classe : tandis que les deux auteurs que nous avons suivis lui en donnent 80, Cicéron ne lui en reconnaît que 70 *. En présence de cette difficulté et en rapprochant ce nombre des mots duplicato earum numero que Tite-Live applique aux 35 tribus, on a conjecturé avec une grande vraisemblance que Cicéron avait, par mégarde sans doute, donné, au lieu du chiffre primitif, celui qui existait de son temps: cette hypothèse suffit pour concilier les trois auteurs ; mais les défenseurs du système que nous exposons vont beaucoup plus loin : dans le passage entier ils voient un anachronisme général. Cicéron, croyant décrire la constitulion de Servius#, aurait exposé l’état de choses existant de son temps”; en conséquence, on pose en principe qu'il y

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