Guiraud
3. Staatsrecht, t. III, 1, p. 275 et s. ; trad. t. VI, 1, p. 305et s. Dans Die Rümischen Tribus, il admet le système de Pantagathus ; il semble en être de même dans l'Histoire romaine, où il dit que la réforme eût pour effet de donner aux diverses classes un même nombre de centuries,
88 CHAPITRE Il
sections se seraient réunies pour former la centurie et en déterminer le suffrage‘. En dehors des objections que nous avons soulevées plus haut, ce système prête à une autre critique extrèmement sérieuse : il résulte d’un certain nombre de passages d'ouvrages anciens? que l’on connaissait la décision prise par chaque tribu dans les comices centuriates ; comment cela eût-il été possible ici, puisque chaque unité de vote aurait réuni des membres de diverses tribus? Bien plus Cicéron, dans un passage déjà cité *, qualifie une centurie de « untus tribus pars »; comment, en présence d’un texte aussi formel, pourrait-on soutenir que la centurie était constituée par des fractions de plusieurs tribus ? C’est là une raison nouvelle de rejeter
1. Les considérations mathématiques, intéressantes d’ailleurs au point de vue purement analytique, par lesquelles Klebs (p. 190 ets.) établit que le système de Mommsen est compliqué, sont manifestement inutiles, cette complication étant évidente. Elles pèchent d’ailleurs par lèur point de départ: Klebs en effet admet à pr'iori que chacune des centuries de Mommsen doit comprendre un nombre entier de sections ; il n'a pas pensé que certaines sections pouvaient être partagées entre deux centuries, de telle façon par exemple que, dans l’une des classes, il y eût 2 sections 1/2 pour chaque centurie. Il en résulte que cette partie de son argumentation, quelque scientifique qu’en soit l'apparence, ne porte pas. La meilleure preuve en est que l'on peut imaginer facilement des combinaisons moins compliquées que celle qu’il donne pour la plus simple. Supposons par exemple que les 100 voix que Mommsen accorde aux quatre dernières classes soient réparties de la façon suivante : 30 pour la deuxième, 28 pour la troisième et la quatrième et 14 pour la cinquième, ce qui donne bien un total de 100. Chaque classe ayant 70 sections, une division suffit à prouver que chacune des centuries de la deuxième comprendrait 2 sections et 1/3 (70: 30) ; chacune de celles des troisième et quatrième, 2 sections 1/2 (70: 28) ; et chacune de celles de la cinquième, 5 sections (70: 14).Nous n’entendons pas bien entendu défendre cette combinaison, mais elle n’en est pas moins plus simple que celle imaginée par Klebs, qui prétend à tort que Mommsen se trouve réduit à traiter différemment les centuries d’une même classe (ce qui ne serait guère admissible que si, contrairement à ce qui se présente en l’espèce, la distinction était faite entre tribus rurales et urbaines),