Tite-Live, sommaire du livre XX
de l’extension à celle-ci du droit à la primauté du suffrage; non pas qu'il soit douteux que le vote de la première centurie n'exerçât une grande influence ‘ : le peuple le croyait inspiré des dieux et aimait à s’y conformer? ; mais il n’est pas bien certain, à notre avis, que les tendances de Ja première classe fussent moins aristocratiques que celles des chevaliers.
Ce qui donne un caractère vraiment démocratique à la réforme, c’est la nouvelle répartition des centuries: si la première classe conserve une certaine prééminence, elle n'en à pas moins perdu la possibilité de décider du scrutin avec le seul appui des chevaliers ; il faut maintenant descendre jusqu’à la troisième classe au moins pour obtenir la majorité absolue. Assurément, les pauvres ont encore rarement l’occasion d'intervenir; mais dans tous les votes la partie moyenne de la population est appelée à s’exprimer.
Une autre conséquence intéressante de la réforme est à relever. Jusqu'alors il semble que les censeurs aient joui de la liberté la plus absolue pour répartir dans les centuries de chaque classe ceux au moins qui y étaient pour la première fois inscrits, soit parce qu’ils atteignaient l’âge requis, soit parce que leur cens avait changé. Désormais tout citoyen appartient nécessairement à une centurie déterminée, par cela seul qu'il fait partie d’une certaine tribu, qu'il jouit d'une certaine fortune et qu'il a un certain âge. C’est un résultat que le législateur n’a sans doute pas poursuivi, mais quis’est produit par la force des choses. Il ne