Cicéron, Pro Plancio, XX, 49; etc
2, Si l’on pense qu'originairement on ne lirait pas au sort entre les centuries de chevaliers, on doit admettre que cette influence s'établit surtout de-
puis que ce tirage fut inauguré : on connaît la superslition des anciens pour le hasard.
faudrait pas d’ailleurs donner à cette observation une trop grande portée : il est vraisemblable en effet que, dès avant la réforme, les censeurs suivaient certaines règles, établies par l'usage, pour le classement des citoyens; mais c'était pure faculté pour eux, tandis qu’une fois la transformation accomplie, ils furent rigoureusement tenus par les dispositions nouvelles.
Peut-être aussi l’union intime des deux divisions du peuple eut-elle d’autres conséquences dont il nous est difficile de mesurer la portée '. Membres d’une même tribu, les citoyens d’une centurie avaient les mêmes intérêts locaux et subissaient l'influence des mêmes familles importantes ; jusqu’à quel point ces circonstances agissaient-elles sur eux el modifiaient-elles leurs votes ? il ne nous est pas possible de le savoir, maisil est bien probable que cette action n’était pas à négliger. Peut-être même certains des contemporains de la réforme ont-ils espéré trouver là un correctif à ce qu'elle présentait peut-être à leurs yeux d’excessif et de dangereux.
Quant aux raisons qui ont fait proposer et aboutir les innovations que nous avons signalées, la principale fut certainement le développement naturel de l'esprit démocratique et la nécessité de donner une satisfaction aux revendications populaires. Peut-être aussi peut-on en trouver un autre motif. À l’époque où nous avons placé la réforme, la loi Hortensia était venue, depuis un certain temps déjà, renouveler les prescriptions des lois Valeria Horatia et Publilia : les plébiscites étaient définitivement devenus obligatoires pour tous, et sans doute se manifestait déjà la préférence du peuple pour les comices par tri-