V. Mommsen, Droit public, traduction t. VI, 1, p
bus. IL est donc possible que les adversaires de la démocratie se soient résignés à des sacrifices nécessaires et qu'ils aient abandonné de leur plein gré certaines de leurs prérogatives pour conserver les autres et spécialement pour ramener aux comices centuriales la faveur populaire qu’ils avaient perdue. Cela expliquerait ce que la réforme présente d’inachevé, si l’on peut dire, et d’incomplet; cela ferait comprendre qu’elle nous apparaisse comme un ensemble de demi-mesures. En même temps cette explication donnerait satisfaction à ceux‘ qui s’étonnent qu’une semblable réforme ait pu survenir à une époque où, sous l'influence du danger carthaginois, l'aristocratie avait repris une partie de son empire. Elle permettrait de comprendre enfin comment la transformation qui nous occupe a pu s’accomplir : iln’est guère douteux qu'elle mait exigé, à raison de son importance, un vote des centuries, et l’on conçoit difficilement au premier abord comment celles-ci ont pu s’y prêter, puisqu'elle portait une grave atteinte aux privilèges de la première classe, encore toute-puissante à cette époque dans nos comices. Mais si l’on y voit une tentative pour rendre à ceux-ci leur popularité perdue et leur prépondérance primitive, la difficulté disparaît et la politique des chefs du parti conservateur se manifeste comme raisonnable et, jusqu’à un certain point même, comme habile.
Quoi qu’il en soit, si ce calcul a été fait, les événements l'ont trompé, puisque les comices par tribus n'ont pas perdu la place si importante qu’ils avaient peu à peu usurpée et que les assemblées centuriates n'étaient plus réunies, dans les derniers temps de la République, que lorsque les principes du droit public en faisaient une loi absolue.