Plüss et d’après lui Clason (ouvrages cités
elles-mêmes! Il semble que le texte de Tite-Live qui nous occupe est un peu obscur pour justifier à lui seul de telles conséquences. Il est vrai que ceux qui les ont défendues admettent que, à partir de la guerre sociale ou de la dictature de Sylla, les tribus auraient repris leur caractère d'égalité *. Mais leur interprétation n’en est pas moins inacceptable à notre avis pour la période à laquelle elle s’applique.
Peut-être n'est-il pas impossible de trouver de la phrase énigmatique de Tite-Live une explication plausible que nous ne présentons toutefois qu’à titre d'hypothèse. Depuis 513, on n'avait plus créé de tribu ; il s’ensuivait que les circonscriptions, qui avaient été sans doute rationnellement combinées à l’origine, en étaient venues, par suite de l'extension progressive du droit de cité, à être for tmal distribuées. Les tribus étant en effet essentiellement des divisions locales, à mesure que le droit de cité s’étendait à des régions nouvelles, celles qui étaient placées à la périphérie s’accroissaient sans cesse, tandis que celles qui étaient plus près de Rome demeuraient slationnaires. Ne pourrait-on pas supposer que les censeurs firent une nouvelle division du territoire romain entre les tribus rurales” de façon à remédier à cette inégalité ? Les citoyens eussent bien été, comme le veut Tite-Live, répartis en tribus d’après le domicile (regionatim) et la race (generibus) puisque toutes les personnes investies du droit de cité, habitant une même partie de l'Italie et par suite ayant une origine commune, auraient été réunies ; quant aux mots
1. L'organisation qu’ils indiquent pour la période postérieure est analogue à celle exposée par Zachariæ (v. p. 81).
2, Les tribus urbaines auraient naturellement échappé à cette nouvelle
organisation, à raison des conditions toutes spéciales dans lesquelles elles se trouvaient placées. é
116 CHAPITRE If causis et quæstibus, qui se ramènent en somme à la situation sociale et à la fortune, ils s’expliqueraient par Îa répartition en classes et centuries, qui était depuis la première moitié du VI° siècle intimement liée aux tribus. Projet de C. Gracchus et création hypothétique de nouvelles tribus. — Nous ne nous arrêterons ni sur un projet de réforme attribué par un apocryphe ‘ à C. Gracchus, qui aurait tenté de faire tirer au sort la centuria prærogativa entre toutes celles des cinq classes, ni sur la prétendue création de plusieurs nouvelles tribus après la guerre sociale (665) ?. Outre que l’auteur qui nous fait connaître la première de ces nouveautés ne mérite qu’une confiance limitée, rien n'implique que le projet prêté par lui à C. Gracchus ait été mené à bonne fin ; en tous cas il aurait disparu avec à peu près toutes les œuvres des Gracques dans la réaction qui suivit la mort du plus jeune d’entre eux. Quant aux nouvelles tribus, si elles ont jamais été établies, ce qui est douteux, elles n’ont laissé aucune trace de leur existence et elles ont été supprimées dans le plus bref délai ? (peut-être par Marius ou Cinna, lors de la rentrée du premier à Rome #).Ce qu'il y a d’absolument certain, c’est que, dans les dernières années de la République et mème sous l'empire, le nombre des tribus était encore de