En ce sens Savigny, p
4. Ce qui nous fait émettre cette conjecture, c'est que ces dix tribus auraient été créées pour retirer en fait aux Italiens les avantages qu’on leur donnait en droit en leur conférant la cité : ils auraient été classés dans les nouvelles tribus dont la situation eût été inférieure à celle des anciennes. Il aurait été naturel dans ce cas que Marius, dont les sympathies pour les Italiens sont connues, ait fait disparaître cette inégalité en les répartissant simplement dans les anciennes tribus et en supprimant les nouvelles (En ce sens Appien, Î, 64; mais le texte est peu formel).
5 !. On a conjecturé que les nouveaux citoyens n'avaient éléadmis que dans quelques-unesdes tribus anciennes; cela est possible, mais on ne peut guère supposer que cet état de choses ait duré, car on ne trouve pas trace d’une distinction de cette nature, au cours du dernier siècle ?.
Tentative de Sylla. — Enfin une dernière indication nous est donnée par Appien *. Sylla aurait, en 666, lors de sa première domination, fait voter, avec le concours de Pompée, une loi Cornelia Pompeia rétablissant le système de Servius. On a pensé qu'elle avait pour objet de revenir sur les résultats de la réforme du VI° siècle et de réorganiser les centuries suivant les règles originaires ‘. Mais, à notre avis,il n’en est pas ainsi : Sylla et Pompée ont simplement voulu restituer aux comices centuriates toute l'étendue de leur pouvoir en retirant la puissance législative aux comices par tribus *. Appien d’ailleurs dit formellement, dans le même passage, qu'ils eurent cette intention ; c’est donner beaucoup d'importance aux simples mots «gs Tülos Buardève #raëe » qui ne constituent qu'une parenthèse insérée au milieu du récit de cette tentative que de penser qu'ils impliquent un retour à une forme d’assemblées oubliée depuis un siècle et demi; et Servius n'avait-il pas établi aussi la compétence exclusive des centuries ?
Là n’est pas d’ailleurs la seule difficulté : l'hostilité de Sylla à l'égard des chevaliers est bien connue ; comment
4. Tite-Live, I, 48. Cicéron, Philippiques, NI, 5, 12: Inscriptions dédiées à Drusus, Germanicus et Trajan (C. I. L., t. VI, 910, 909 et 925).
2. Sur cette question Mommsen, Rümische Tribus, p. 169 et s. ; et dans Hermès, t. XXII (1887), p. 401 et s. ; Beloch, Italischer Bund, p. 4 ; Kubitschek, De Romanarum tribuum origine, p. 70, et Imperium romanum tributim descriptum, p. 2.