En ce sens Guiraud
leur aurait-il restitué la primauté du vote qu'ils avaient perdue ? Ensuite le nombre des centuries et leur qualité se trouvant absolument changés, il aurait fallu instituer une censure et procéder à une nouvelle répartition du peuple suivant les anciennes règles ressuscitées : nulle partil n’est question d’une semblable mesure. Nous ne pouvons donc voir dans la loi Cornelia Pompeia qu’une tentative en vue d’abroger les lois Valeria Horatia, Publilia et Hortensia sur la force légale des décisions des tribus. Quelle qu’elle ait été, cette restauration n’a pu survivre au retour de Marius, et rien ne permet de supposer que Sylla, lors de sa dictature, l’ait renouvelée ‘.
Ainsi il est de toute vraisemblance que jusqu’à leur disparition, les comices centuriates ont fonctionné suivant l’ordre établi dans la première moitié du VI° siècle de Rome. Nous avons à étudier maintenant les pouvoirs qui leur appartenaient et les formes dans lesquelles ils étaient appelés à les exercer.
1. D’après Mispoulet (p. 222) l’état de choses élabli par Sylla se serait maintenu jusqu’en 702.
Pouvoirs théoriques des comices centuriates. — Eu principe, les comices centuriates constituent, de l’origine à la fin de la République, la seule assemblée dans laquelle se manifeste en droit strict le peuple souverain. En théorie, leur puissance est donc illimitée ; ils peuvent méconnaître les lois préexistantes, puisque leur volonté est la loi ellemême, etles XII Tables ont même déclaré expressément que ce que le peuple a ordonné en dernier lieu constitue le droit: « Quodcumaque populus postremum jusserit id jus ratumque sit ». On prétendit mème, à certaines époques, en tirer cette conséquence que le peuple n’était pas obligé d’opposer une loi nouvelle à une plus ancienne pour se soustraire à celle-ci et qu'il lui aurait suffi d’y déroger tacitement par ses actes. On trouverait notamment une application de cette théorie dans l'élection de deux consuls patriciens postérieurement à la loi Licinia Sextia *. A ce point de vue l'étude de la compétence des comices centuriates est donc bien simple puisqu'elle se résume dans la reconnaissance d’une omnipotence absolue *.