Tite-Live, I
4. On est d'accord sur ce point qu’elle comprenait tous les citoyens. Schulze (p. 70 et 307) a cependant soutenu qu'elle était originairement une subdivision de la tribu et ne comprenait que des plébéiens ; mais cette opinion est universellement abandonnée,
auteurs). Ceux qui avaient le cens exigé étaient les assidui *. Parmi les autres, ceux qui avaient moins de 375 as étaient les capite censi; entre 375 et 1.500 ils prenaient le nom de proletarii*. Nous ne connaissons pas la désignation usitée pour ceux quipossédaient de 1.500 à 11.000 ou 12.500 as *. C’est là d’ailleurs une question de terminologie sans grande importance: dans notre organisation en effet les trois catégories étaient confondues et souvent ceux qui les composaient étaient réunis sous la dénomination de proletar.
Les assidui formaient tout d’abord’ deux catégories : les plus riches, rangés en 18 centuries, étaient désignés sous le nom d’equites, les autres étaient répartis en cinq classes suivant leurs fortunes ÿ. Tite-Live et Denys d'Halicarnasse s'accordent, sauf une seule divergence, sur le cens exigé pour l'accession de chaque classe: 100.000 as pour la première ‘, 75.000, 50.000 et 25.000 respectivement
1. De assem dare, d'après Cicéron (de Republica, Il, 22) parce qu’ils payaient les impôts. D'après Mommsen, assiduus ou adsiduus vient de sedere.
2. Le nom de capite censi s'explique de lui-même. D’après Cicéron (loc. cit.) proletarius vient de proles. Les cens sont donnés par Cicéron (ibid.) et Aulu-Gelle (XVI, 10).
3. À moins qu'ils ne constituent les accensi dont parle Tite-Live (I, 43) et auxquels il accorde à tort une centurie entière (V. infrà).
4. Cicéron, De Republica, Il, 22 (Argument des mots summa separatio).
5. Les fils de famille étaient inscrits dans la classe de leur père et appelés duicensi (Festus, Pauli Diaconi exc. vo duicensus).Denys donne en deux endroits (IV, 18 et VII, 59) le chiffre de 6 classes, parce qu'il en compte une pour les prolétaires. Mais il résulte de Tite-Live (I, 43) et de Denys lui-méme, au siège de la matière (IV, 17) que les non assidui ne constituaient pas une classe mais seulement une centurie. Savigny (p. 3) est à notre connaissance le seul à avoir admis 6 classes.
6.Polybe donne le même chiffre (VI, 28).Pline (Histoire naturelle, XXXIII, 3 ou 13, suivant ies éditions) indique 110.000 ou 120.000 as (les manuscrits différent) ; Festus (v° infra classem), 120.000 ; Aulu-Gelle (VI (VII), 13), 125.000. Ces divergences sont assez difficiles à expliquer. Peut-être pro-
pour la deuxième, la troisième et la quatrième, enfin 11.000, d’après le premier, et 12.500, d’après le second, pour la dernière.
On n’est pas à beaucoup près fixé sur la valeur de ces chiffres, que nous étudierons plus loin, non plus que sur les biens qui étaient pris en considération pour le caleul des fortunes.
Les classes ‘ étaient elles-mêmes subdivisées en centuries, très inégalement réparties entres elles; la première en comptait quatre-vingt ?, tandis que chacune des trois suivantes en contenait vingt et la dernière trente. À ces cent soixante-dix centuries, il faut en ajouter : d’abord dix-huit d’equites, dont nous avons parlé ; puis deux d'artisans (/abri) adjointes à la première classe ou à la deuxième ; deux de musiciens (fubicines el cornicines), rattachées à
viennent-elles de variations successives de l'as libral avant l’élablissement de l’as sextantaire ; mais c’est une simple hypothèse et elle prête à bien des critiques. En tous cas on ne saurait guère se prévaloir du témoignage de Pline, à raison de l'incertitude du second chiffre qui lui enlève toute valeur en l'espèce ; et les assertions concordantes de Tite-Live et de Denys valent bien les indications divergentes de Festus et d’Aulu-Gelle.
1. Les mots classis et classicus semblent avoir été souvent pris dans le sens de première classe et citoyen de la première classe ; on qualifiait alors d'infra classem ceux qui appartenaient aux autres classes (Aulu-Gelle, VI (VI), 43 ; Festus, Vo infra classem).
2. Dans un passage qui nous est parvenu dans un état déplorable (de Republica, II, 22. Voir l’appendice), Cicéron nous a laissé des chiffres différents de ceux de Tite-Live et de Denys. Nous adoptons les indications de ceux-ci d’abord à raison de l’état même du texte de Cicéron et de la réserve avec laquelle il convient de l'utiliser ; ensuite parce que les explications des deux historiens sont beaucoup plus complètes et qu’une double distraction de leur part est moins vraisemblable par suite qu'une inadvertance de Cicéron, qui ne consacre qu'une proposition incidente, précisément la plus altérée dans le manuscrit, à la question qui nous occupe ; enfin parce que l’accord de Tite-Live et de Denys donne à leurs développements une beaucoup plus grande autorité, que ne font qu'augmenter les deux petites divergences qu’on y remarque et qui tendent à prouver qu’ils écrivaient d’après des documents différents. Voir l’appendice.
la quatrième ou à la cinquième ‘ ; enfin une dernière composée de tous les citoyens non classés et embrassant par suite une portion considérable de la population romaine”, qui se trouvait dispensée du service militaire. Nous obtenons ainsi un total de 193 centuries, parmi lesquelles dixhuit étaient soumises à un mode de recrutement particulier et à certaines règles spéciales: ce sont celles qui étaient réservées aux equiles ?.
On distinguait les citoyens en hommes jeunes (}umores), de 17 à 45 ans‘, qui prenaient part aux expéditions, et en hommes plus âgés (seniores), chargés dela garde dela ville®. Les juniores et les seniores semblent avoir.-formé un nom-
bre égal de centuries dans chaque classe ‘. Cependant
les equites paraissent avoir été à ce point de vue indifféremment répartis dans leurs dix-huit sections etilne saurait être question d’une distinction de cette nature pour les prolétaires, qui étaient confondus dans uné seule subdivi- Sion ?.
1. Tite-Live ([, 43) unit les fabri à la première classe (V. aussi Cicéron, loc. cit.) et les musiciens à la dernière ; Denys (IV, 17) adjoint les premiers à la seconde classe et les autres à la quatrième.
2, Plus de moitié, d’après Denys (IV, 18). Tite-Live (loc. cit.) semble dire qu’il existait en outre une centurie d’accensi, rattachée à la cinquième classe, ce qui donnerait 194 unités. Peut-être pourrait-on voir dans ces accensi les moins pauvres des prolétaires, aiasi que nous en avons émis l'idée déjà ; on n’en trouve pas mention ailleurs. En tous cas ils ne devaient pas constituer une centurie car Cicéron s'accorde avec Denys pour n’en admettre que 193 (V. l’appendice).
3. Bien entendu l'inscription dans une centurie élait subordonnée à cette condition qu’on n’en eùt pas été déclaré indigne par les censeurs. Les effets de cette déclaration d’indignité semblent avoir été variables suivant les époques et la gravité des faits : ils allaient de l'exclusion totale à l'inscription dans les tribus urbaïnes, c’est-à-dire, à partir d’une certaine époque, dans des centuries particulières.