V. infra
7. Chaque centurie avait à sa tête un centurion (Denys, IV, 17 et 148, et
Voilà ce que les auteurs anciens nous apprennent d’une façon à peu près certaine. Il nous reste à entrer dans l’examen de quelques questions sur lesquelles nous n’avons que peu de renseignements et qui ont donné lieu à de nombreuses controverses.
Caractère primitif de l’organisation centuriate. — Et tout d’abord quel a été le caractère primitif de cette organisation? Eltait-elle purement militaire ou bien avait-elle aussi une destination politique ? Les deux opinions ont réuni des suffrages considérables. Pour démontrer que les auteurs du système nouveau ne poursuivaient qu’un but militaire, on s'appuie ! sur la distinction qu'ils ont faite entre cavaliers et fantassins etsur la terminologie employée par eux : ils semblent en effet s'être servis d'expressions réservées jusqu'alors à l’armée, classis,centuria, equitesetc. En outre, ajoutent les défenseurs de cette opinion, « les classes et les centuries ne peuvent avoir été à la fois des corps militaires, nécessairement limités (comme nombre) et des subdivisions du populus universus, qui eussent été nécessairement illimitées. Comme d’ailleurs elles doivent absolument (durchaus) èlre envisagées à l’origine comme des divisions militaires, leur transformation ( Verænderung) dans un but politique n’a pu être qu’une nouveauté ? ». Nous aurons à examiner bientôt ce qu'était exactement la centurie primitive et nous chercherons à démontrer qu’elle n'était pas une unité comprenant un nombre fixe d’indi- VII, 59 ; Festus, fr. Farnèse, vo Ni quis scivit). On en trouve encore lindication dans certaines inscriptions de l'empire.
4. Soltau, Willems, etc. Mommsen a changé d'opinion sur celte question : dans l'Histoire romaine il affirme qu'aucune préoccupation politique, et en particulier en aucune façon celle d'introduire la € timocratie »,ne s'est fait jour lors de l’organisation des centuries. Dans le Droit public et surtout les
Rümische Forsehungen, 1 incline vers lu théorie opposée.
2, Soltau, p. 229 ets.
vidus. Cela établi, le dilemme dont on vient de lire Ia traduction tombera de lui-même *.
Quant à la terminologie employée, personne ne songe à nier que l’organisation centuriate n’ait eu un but militaire ; ce que l’on conteste, c’est qu'il en ait été l'unique objet, et cela n’est pas nécessaire pour expliquer que l’on ait utilisé des expressions empruntées au vocabulaire de l’armée.
Le même raisonnement permettra de comprendre la distinction faite entre cavaliers et fantassins : les cavaliers dont l’armement était coûteux devaient être recrutés dans la partie la plus aisée de la population et l’on avait en conséquence établi qu'ils seraient pris exclusivement dans dix-huit centuries où l’on avait rangé les plus riches ? et qui, ne donnant, d’autre part, aucun fantassin, furent tout naturellement appelées centuries d’equites. Ajoutons qu’il existait dès auparavant une distinction entre les equites et les autres citoyens et. que Servius ne fit qu'augmenter le nombre des corps réservés aux premiers ?.
Il est remarquable d’ailleurs que tous les anciens qui nous ont parlé de l’organisation servienne lui ont donné un caractère aussi bien politique que militaire *. On ne manque pas de dire, il est vrai, que nos auteurs, qui n’avaient que des idées vagues sur celte époque reculée, ont
4. Il est à remarquer d’ailleurs que Soltau lui-même se met en contradiction avec la phrase cilée, quand il admet, depuis l'établissement de la République jusqu'au décemvirat, la coexistence pour les centuries des caractères politique et militaire (p. 270 et s. ; p. 867; et surtout sommaire IV, $ 16, p. 14 [argument du mot auch]).
2. Nous considérons ici comme acquis qu'il y avait un cens équestre, ce que nous tenterons d'établir plus loin. 11 est aisé de voir d’ailleurs que l’hypothèse inverse n’infirmerait en rien notre raisonnement,