Cicéron, De natura deorum, I
3. Mommsen (Staatsrecht, t. IL, 1, p. 403 ; trad. t. VI, 1, p. 464), pense
que le premier vote émis daus la centurie n'était pas sans influence sur les suivants,
duellio; puis une loi Papiria (623), pour les lois; une loi Cælia enfin (647), pour les jugements en matière de perduellio, qui restaient seuls exceptés de la règle nouvelle‘. Bien que Cicéron, surtout au nom de son frère, critique vivement ces innovations ?, il ne semble guère contestable qu’elles n'aient constitué un progrès. En tous cas, les Romains ne partageaient pas l’avis de Cicéron, car lui-même: nous apprend que des dispositions avaient élé prises à diverses époques pour assurer le secret des suffrages et spécialement pour interdire que l’on ne regardât le bulletin d’un autre ; une loi de Marius “avait même restreint la dimension des ponts, de façon sans doute que l’on ne püt se tenir sur le passage et surveiller ainsi les votes. D’après les nouvelles règles, des tablettes étaient distribuées aux citoyens. Dans les comices électoraux, chacun y inscrivait le nom de ses élus ; peut-être aussi les tablettes distribuées portaient-elles les noms des candidats et les électeurs n'’avaient-ils qu’à faire suivre d’un signe conventionnel ceux qu’ils désiraient entendre proclamer. Pour les comices judiciaires, on recevait deux tablettes, dont l’une portait la lettre D (damno) ou C (condemno) et l’autre la lettre A (absolvo) 5 ; il en était de même pour les comices législatifs, à cela près que les lettres étaient ici U. R, ou simplement V (U# rogas), pour l’adoption de la proposition, et À (antiquo, d’où l'expression anfiquare legem), pour le rejet. Le votant utilisait, suivant ses pré-