LE BUT HUMAIN
Faire du bonheur, c*csl ce Que l'homme a voulu de
vu
tous les ètoî
tout temps, I homme comme tous les cires vivants ; s'est l'aspiration universelle et éternelle, el tous les rires qui viu'iii sur toutes les planètes tjuï peuplent rinimensiié doivent obéir sans cloute à une impulsion identique.
Mais sî l'aspi ration esl une, lu conception même do bonheur a du varier suivant les races et les temps. Le \ir\mia el l'absorption en Brahma, Le royaume de. Dieu de Jésus, le paradis de Mahomet el le Walhalla Germains ne se ressemblent pas; pourtant, tous divers idéal s offrent ceci de commun que la réalisation eu est transportée de la terre au ciel. La terre - uiluv iinvait plus qu'une ouverture sur la lumière, la moi L. Au tombeau commençait la vie pleine*
Aujourd'hui que les dogmes s ViTrilenl et tombent en poussière, nous avons rattache les Gis rompus qu'avait tressés autrefois avec tant de sagacité le génie
sagaci
"Epi-
cure, el, comme lui, nous cherchons notre <l sur la tero
Notre incertitude buf les choses d'au-uYl'i est trop grande pour que nous consentions à sacrifier le réel ire 2i u rêve cèles Le, la vie elle-même, sî cou île et si précaire qu'elle soiL niais qui est, a une promesse de vie, quelque longue et belle qu'on la suppose, mais qui pourrait bien 06 pas cire.
Et cela et i ange toute l'orientation sociale. Si nous perdons le paradis supra-terrestre, dont Tallonlc tlélicicuse a adouci la misère de nos aïeux, il nous faut la compensation du paradis terrestre,
OIl ! un paradis auquel il manquera toujours quelque chose : nous ne tuerons jamais tout à fait la douleur et le mal ; l'homme ne sera jamais Dieu, liaison déplus pour travailler avec une ardeur inlassable à diminuer la somme des misères. Toute conquête sur le mal est une augmentation, présente ou future, du bonheur humain. Sur la mince croûte de cette planète exiguë, la fourmilière humaine continuera l'œuvre des générations éteintes, mais celte fois avec la conscience claire du but : rendre habitable el nirme confortable notre domicile d'un jour, arracher les épines ou nous nous ensanglantons les pieds t faire del\jmbrceL dc^ Heurs, dômes» tiquer le fauve humain ou lui limer les crocs, donner
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la science le gouvernail, a la justice l'autorité, éteindra la misère, Faire a L'Humanité de demain une aln phère de boulé, qui oserait prétendre que ce ri Y>l pas la l'œuvre superbe à accomplir? Et qui ne sent quelle joie intense doit des maintenant en éprouver l'ouvrier? Nous ne travaillons pas pour n ou s certes. Mais n'est-ce
Idonc rien que, l'œil fixé sur cette haute et noble lâche, il nous soit donne d'apercevoir de loin, au prolongement de la ligne que nous traçons, le sillon lumineux de la vie accrue et de la joie triomphante? Est-ce que
Ile reflet ne doit pas nous en illuminer par avance, nous qui avons sur nos ancêtres le privilège de savoir ce que nous voulons et ce que nous faisons, nous qui avoûs conscience d'être les créateurs volontaires d'un a\euir grandiose et, comme le disait Renan, d'une parole merveilleuse, l'ivresse de savoir que « nous faisons Dieu » ')
Et ce -n'est pas une utopie, L'adaptation de la terre à l'homme est déjà h moitié faite et la science est pourtant encore toute jeune. Et qui ne voit que le poids énorme que l'homme a dû soulever depuis l'époque du silex jusqu'à nous était nulle fois plus lourd que celui qui s'oiïre aujourd'hui à nus regards plus subtils» à nos bras plus forts, plus expérimentés?
Ce ti'csl certes pas au moment
ou nous apercevons
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i. oriettàTIOTI m \i vixr
enfin li 1 buU uù la science plus lumineuse nous révèle des biorixons infinis* où les conditions récentes de comntiuoicaiions rapides, universelles, el de pénétration réciproque permettent sur les points capitaux l'entente mondiale, que l'esprit humain, pris soudain de lâche mol lirait et reculerait.
L'homme réalisera donc le bnnlieur terrestre, le seul qui suit a sa portée.
Si cette idée s'établit solidement dans la conscience de l'Humanité, si nous pouvons la plantera l'horizon bai Ua in comme le point lumineux où nous devons aboutir. On y aboutira. Car les idées sont les foi qui mènent le monde, el l'idée * l sl créatrice du fait. 1 • fait sort toujours de l'idée comme la ue du germa.
Mais si cette orientation générale suilit pour assure la succès final, elle ne suffit point pour rendre cotxâ mode et sûre la marche vers le but. S'orienter, ce n'es pas seulement bien voir le point à atteindre, c'est auss se faire une idée des voies d'accès, des obstacles et de moyens.
Sans doute, et si mi ne perd pas de vue le somme on v arrivera toujours, mais au prix de quel temps, quelles souffrances, de quelles catastrophes de rations'sacrifïérs !
C'est cela aussi qui doit entrer dans la conscience
i otm:\ t\tïon iuwaine
de l'Humanité, l'idée «le la ligne brisée ei difficile qui doit nous mener jusqu'en haut, l'idée de la ténacité, de la prudence, de la circonspection nécessaires. Huant aux accidents de rouie, quant & la forme exacte des sommets que nous avons à conquérir et que nous apercevons de si loin, qui pourrait les prévoir ou la décrire ?
Laissons aux partis politiques le soin de faire des plans formels dr réorganisation sociale, laissons- les tracer au cordeau les avenues cl même les bâtiments de la cité future. Les divers architectes la conçoivent de diverses manières ; ceux qui leur succéderont la Verront encore autrement. Ton t ce 1 a est t ra c é s u r d u sable et le premier vent du malin efface les traces de la vei Mr.
Mais ce qui est plus important, ce qu'il est urgent de fixer, ces! la nature el la qualité du moteur qui doit nous entraîner vers le but, vers le bonheur humain. Quel esl celui des Kuides moraux auquel nous demanderons de nons soulever vêts la terre promise ? De nos instincts, quel est celui auquel nous reconnaîtrons la force victorieuse? Lequel devons-nous cultiver, renforanaliser, accumuler? Est-ce un seul? Est-ce plu- A en est plusieurs de bienfaisants, à quelle dose les combiner?
lu-dessus de la spbèxe trouble des intérêts person-
1, 01UEVI VTln\ H r MAINE
nels et des partis poKticnies, nous pourrons ainsi élever jusqu'il la région où l'accord est possible po l'action commune,
Une partie du \\iu° siècle a cru. avec Rousseau à la bonté initiale de l'espèce humaine. 11 semblé que ce fut là quelques lambeaux de l'idée biblique du paradis terrestre encore vaguement flottants dans d esprits de philosophes. Personne aujourd'hui ne con sentirait à reprendre la thèse de Rousseau. Au premier échelon de cette longue échelle que l'homme, dégage de la béte f monte péniblement vers un plus haut avi nir, se tient l'anthropophage, on ne peut se le diss mulcr.
Sensuîl il que l'homme soit essentiellement m chant? Non. Cette thèse ne serait pas plus vraie q celle de Rousseau. La vérité, c'esL que des instim tsdS vers coexistent en nous dès l'origine.
Ces instincts peuvent être ramenés a un très petit nombre. Schopenhauer en reconnaît trois : l'égoïsiD la méchanceté, l'ai truisme ; il y aurait donc in types d'hommes : les égoïstes, les méchants et L altruistes, comme il y a des bruns, des châtains et des blonds.
Que l'on rencontre des exemplaires purs de ces trtypes, cela uYsl pas douteux; l'histoire et rexpérîcn