‹ Lo̓rientation humaineChapitre 6 sur 12 · I, ORIENTA ÏJO\ III VI VIVE · texte numérisé non relu

I, ORIENTA ÏJO\ III VI VIVE

largo et plus haute ; d'où la pr îère conséquence et le

premier pas : la vie de l'homme doit être inviolable pour l'homme. L'égoïsme, que ce soit celui d'un individu ou d'un groupe, classe sociale, nation, doit s'arrêter au point où il compromettrait une vie humaine.

Voilà ce qu'il faut tout d'abord obtenir, voila quelle doit être l'œuvre du vingtième siècle. Le cannibale mange de l'homme ; le Phénicien» le Grec lui-même U égorge l'homme pour être agréables à leurs dieux.

Il n'y a pas si longtemps que les chrétiens» méconnaissant la parole du Christ, torturaient et brûlaient d'autres chrétiens dans les mêmes intentions pieuses.

Vus avons cessé de manger nos frères et nous avons déposé le coutelas et la torche sacrés, niais nous avons no tri- Molôch, la guerre, et nous tuons encore par înlé^ rêt ou par point d'honneur* Il faut que là- dessus la conscience humaine devienne promplement unanime et se révolte enfin : il faut que nous vomissions la guerre,

Ce sera le premier pas. L'avenir ira peut-être plus loin, c est l'affaire de l'avenir.

Mais comment obtenir ce premier résultat? Qui forgera le frein de l egoïsuie déchaîné? Qui sera assez fort pour lui commander le respect de la limite sacrée? La conscience de H lu inanité, dont la voix commence

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déjà à se dégager des vagissements de l'enfant et à prendre des intonations viriles, finira par commander avec une autorité si impérieuse qu'il faudra bien que l'égoïsme cède.

Les temps sont proches d'ailleurs où elle ne se contentera pas d'intimer l'ordre et où, pour la satisfaire, il faudra bien créer des sanctions.

Quelles sanctions? Celles qui appliqueront le principe universellement admis que nul ne peut être juge et partie. Voila de longs siècles que l'on va répétant cet axiome, qui est la justice évidente. Mais l'application pratique, d'imparfaite qu'elle a été jusqu'ici, doit devenir de plus en plus parfaite. La loi et la coercition qu'elle entraîne n'a guère visé dans le passé que l'individu. Il faut qu'elle vise désormais les groupes, ces groupes fussent-ils de grandes nations. La loi a pacifié l'individu dans le sein des groupes et elle a constitué la cité ; il lui reste à pacifier les groupes entre eux, classes et nations, et à constituer enfin la cité universelle.

L'œuvre actuelle, c'est donc la pacification humaine. On ne peut pas détruire les oppositions qui sont dans la nature des choses, mais on peut empocher les forces opposées de se heurter violemment et de s'enlre-détruire.

Il faut toujours avoir présent à l'esprit que relie cilé de cellules qu'est un homme est l'aboutissement suprême, a l'heure uû nous sommes, de révolution de la vie sur noire planète. Sommes-nous le dernier anneau de la chaîne ou un anneau intermédiaire? Nul ne le sait. Une seule chose est certaine, c'est que l'œuvre dont l'homme est l'ouvrier, la création de la science et lu conquête du bonheur, est bien loin d'être achevée.

Le mouvement s'accélère, un nombre de plus en plus grand de consciences individuelles entre dans le courant qui s élargit, mais ce courant doit devenir le fleuve sans bord qui couvrira la terre ; et ce n'est pas trop de toutes les volontés unies dans cet universel concours. Qui exclurait-on ? Quelle race? Quelle nation P Quel individu ?

Donc, que les haines de races s'éteignent, que les nations se rapprochent r que les individus se respectent. Le plus misérable, le plus humble, le plus dépourvu porte peut être dans le mystère de son être la cellule

nératrice d'un progrès futur, Eteindre celle flamme éventuelle, cest attenter sur l'avenir humain. Déchaîner la violence, décimer une nation, c'est restreindre les chances de l'Humanité future ; faire de l'harmonie,

ayer d'adapter au lieu d'opposer, c'est les multiplier. Donc, guerre à la guerre I Tel doit être le cri de ral-

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liement. Abolir la violence, ici doit rire le but le plus

proche, un but qui n'est d'ailleurs qu'un moyen.

Eftt-çe n iliir cju'à celui qui restera violent il Faudra tendre la gorge nue connue Puma dans la légende hindoue? Certes non. Contre la violence, que les ennemis de la violence reslent unis. Essayons de la réduire par tOU8 les moyens autres que la force, mais jusqu'au point seulement ou elle menace noire vie, vie individuelle, vie nationale. Dès que ce point est dépas nous avons le d roi l, le devoir même, tant que l'organisation sociale sera défectueuse et nous laissera en détresse, de repousser la force par la force. Si nous ne voulons pas qu'on attente à la vie d'autrui, ne souffrons pas non plus qu on attente a la nôtre. Le dépôt de la vie est aussi précieux en nous qu'en autrui, et nous devons le sauver comme nous le sauverions eu un autre. Voilà le champ légitime de 1 egoïsme et voilà sa limite.

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