UE HECUL DE LA VIOLENCE DANS L INDIVIDU ET DA?ÎS LA. SOCIÉTÉ
L'orientation nécessaire peut donc se résumer ainsi :
Poursuite par l'Humanité devenue consciente du bonheur terrestre, le bonheur étant conçu comme la satisfaction facile de tous les besoins raisonnables de l'être et la libre expansion de toutes ses facultés intellectuelles et morales.
Dans cette marche ascendante, le guide est la science qui nous fait pénétrer ton* les jours davantage le secret des lois naturelles et par là nous rend maîtres d'une force croissante qui les détourne, les combine et les dirige à notre usage et a notre profit.
La science, en éclairant et précisant nos conditions d'existence, en nous donnant la notion exacte de notre place dans l'univers, nous a fait toucher du doigt et notre faiblesse et notre grandeur.
En rapprochant de plus en plus Ions les hommes
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dans le temps par la critique historique, dans l'espace par les progrès de la géographie et de l'ethnologie, en les mêlant personnellement par des communications rapides, en confondant leurs idées par la propagation instantanée de ses découvertes, elle a donné naissance à la (Conscience de l Humanité.
A cette lumière, nous avons aperçu qu'au procédé de la nature tâtonnante, qui est le progrès des êtres par la lutte, par l'extinction des faibles et la survivance des forts, peut être substituée par la volonté réfléchie une méthode rationnelle d'adaptations progressives.
L'instrument de cette ré>olution qui brisera la loi d'airain de la nature, abolira la violence, émancipera l'homme, le fera véritablement maître de lui-même, c'est l'instinct altruiste volontairement développé en nous jusqu'au point au delà duquel il compromettrait l'existence même des groupes humains qui sont les agents du progrès.
Clés principes posés, il nous reste à chercher, dans une revue rapide, où nous en sommes à l'heure actuelle, c'est-à-dire à mesurer le recul de la violence et à examiner ce qui reste a faire pour la combattre efficacement.
En ce qui concerne l'individu, le gros de l'œuvre est accompli. A la Violente anarchie primitive a succédé
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ici définitivement le système des adaptations sociales.
L'agression armée rrest plus que l'exception, la répression atavique vers l'état disparu. Le cas de légitime défense, de réponse à la Violence par la force, se restreinte! se restreindra de plus en plus à mesure que le mécanisme des lois se perfectionnera t à mesure que le législateur prêtera davantage l'oreille au savant dont les recherches découvrent et signalent les sources delà violence et du crime. Nous pouvons, dans notre piste impatience, qu'il s'agisse, par exemple, de l'alcool ou de la répression pénale, gour mander la lenteur avec laquelle se fait cette entente du législateur, du juge et du savant; elle commence pourtant à s'opérer.
Cependant, comme malgré tous les efforts et tous les perfectionnements, il restera toujours des violents irréductibles, et que d'ailleurs l'œil et la main du pouvoir protecteur ne peuvent être partout, L'individu sera toujours appelé , dans des cas exceptionnels, a défendre sa vîe contre une agression brutale. Nous avons recuit nu que c'est un droit, même un devoir.
Mais ce droit de défense est la limite qui doit rester infranchissable. C'est dire que le duel ne peut pas trouver grâce devant la conscience humaine, (lue! qu'en soit le prétexte, il Jaul le réprouver.
Le duel, lt"jLr> de la barbarie, n'est plus aujourd'hui
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qu'une violence organisée froidement, qui n'a même plus l'excuse de l'impulsion ou de la passion animale, En le réglementant comme un jeu, on l'a adouci sans doute, mais on en a lait un non-sens.
De quel front l'individu soutiendrait-il l'arbitrage entre les nations si à la moindre injure personnelle, à la moindre piqûre d'amour-propre il répondait luimême par la violence ?
Non, contre l'injure les tribunaux de justice civile doivent suffire, ^i la loi est débile» qu'on la renforce ; si le juge est désarme, qu'on l'arme.
La situation actuelle doit être renversée : l'homme déshonoré ne sera pas dans l'avenir celui qui refusera de se battre, ce sera le provocateur. En attendant, c'est le devoir étroit de l'homme nouveau de refuser le duel.
Si, dans la pratique, la loi paraît indulgente au duel, du moins, eu théorie* elle le condamne. Mais que dire de l'article de loi qui excuse, en cas de flagrant délit, le meurtre de la lemine adultère? Est-ce que, sous le régime du divorce, un tel article a l'ombre de raison d'être ?
Certes la femme adultère n'est plus lapidée, elle n'est plus brûlée vive ; on ne la promène plus toute nue sur un âne au milieu des lazzis de la populace ; un
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ne l'interne même plus dans un monastère; mais. >i on est assez habile pour là surprendre en flagrant
délit, on peut encore la tuer ; In loi nous averti l qu'on, en est quitte à bon compte, La loi excuse, donc suggère,
Comment s'étonner après cela de la complaisance dtl jury pour lea crimes dits passionnels ? Cerles la différence est grande, .111 point de vue social, entre l'excuse du mari qui lue et [acquittement scandaleux de l'amant qui assassine par jalousie ou peut-être simplement par vanité de mâle. N'importe, ce sont choses de même ordre ; et rien n'empêchera la foule, qui n'analyse pas, de faire découler l'un de l'antre. La loi a donné un enseignement lamentable, qui a porté ses fruits naturels.
Dans les civilisations élémentaires, l'individu n'a pas seulement à défendre sa vie. C'est aussi la main sur les armes qu'il veille sur les siens, sur son troupeau, sur son champ. Mais aujourd'hui, c'est un point acquis, notre arme c'est la loi» c'est le gendarme, jusqu'au moment où, par sa lente ascension, la conscience de l'humanité sera assez forte pour que le gendarme devienne inutile et la sanction superflue.
Si nous considérons, non plus les relations des individus entre eux, mais celles de la société avec les
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individus, nous aurons à constater encore «l'importantes conquêtes : l'abolition de 1 esclavage et du ser. VA pourtant on n'a pas encore réussi à l'extirper. Les pays musulmans et l'Afrique ont < leurs chasseurs et leurs vendeurs de bétail humain.
Dans le domaine pénal, les bûchers, la torture, 1rs supplices raffinés où les hommes se sont complus, ne sont plus que des souvenirs, du moins dans les civilisations d'Occident ; quelques peuples, néanmoins, particulier ein ont la Turquie et la (mine, font encore des taches sombres.
Et nous mêmes, a 'avons-nous pas conserve Téchafaud ? On commence pourtant à en avoir honte, puisqu'on vase décider à le cacher. Si, pour le meurtre de la femme adultère, la loi excuse la violence, elle fait pis ici, elle l'enseigne; et par le moyeu le plus suggestif qui soit, par L'exemple. Il faut ne rien savoir des lois de l'imitation et de la suggestion mentale pour soutenir que L'échafaud sert de pilier à l ordre social. Cent fois, on a réfuté non pas seulement par des raisons, mais par des faits, Futilité de la peine de mort, et on nous ressasse toujours les mêmes arguments, les mêmes, d'ailleurs, qu'on pouvait invoquer pour justifier les bûchers, la roue, les chevalets, la question par l'eau et par le (eu.
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^ v ^ni, un siècle, on aura, eu voyant dans quelque ums*v des horreurs la guillotine, la potence, le garrot 0U *U chaise d'électrocution, le munie frisson qui nous secoue aujourd'hui quand nous voyons les instrumenta
Je torture des tennis qui ne sont pas encore si loin
et qui nous apparaissent pou liant dans un immense
recul.
Que dïs-je ? le mois dernier (i), on a exécuté un
criminel dans un des rares cantons de la Suisse qui n'ont pas encore aboli la peine de mort, celui de Fribourg; pourtant, il n'y avait pas eu, paraît-il,
l'exécution dans ce canton depuis quarante ans. ssin était abominable ; il n'y avait pas ombre d'excuse a son lâche et féroce attentat : néanmoins, ce frisson, dont nous parlions et que nous espérons pour nuis dans un demi-siècle, a passé sur l'âme de la Suisse entière. Ce simple fait, la mort légale d'un misérable, d'une brute, si l'on veut, a face humaine, ce fait, qui ne nous émeut guère, a a^ité, pendant un mois, la conscience de ce petit peuple. Ce petit peuple est plus avancé que nous dans la voie qui monte.
Si des relations des individus entre eux ou avec la
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