OMEVrAïn^ m MAINE
société amis passons à la vie des groupes sociaux, nous [prouverons l'oeuvre d'adaptation et d'harmonie beaucoup moins avancée*
Le groupe naturel et élémentaire, la famille, a cit- Uûfiement sum une courbe d'évolution qui est nettement dans le sens altruiste.
Au point de départ, chez les nègres, par exemple, la femme est à la fois instrument de volupté et bêle de somme. Dans la période intermédiaire, déjà promue à la dignité d'intendante, elle est devenue un peu la compagne, niais est restée beaucoup la servante de riiornme. Aujourd'hui, dans la race blanche du moins, elle e s l s on ê ga 1 e e t so i 1 v en t son in s pii a tri ce . E n tous cas, la violence n'est plus, dans les groupes de co cience avancée, un instrument de règne : battre la femme est une honte et d'ailleurs entraîne le divorce.
L'enfant, qui a commencé par être la chose du père, Commence enfin à être protégé, du moins contre h violence physique.
Dans la guerre des sexes, — car les phénomènes d'opposition entre les sexes sont nombreux et importants, — le divorce, qui n'est qu'une reprise à l'antiquité, a &té 3 quels qu'en soient les inconvénients, ur agent pacificateur.
En somme, c'est dans le cercle restreint de la Fa
L* ORIENTATION IUMV1NT!
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mille que l'altruisme, farorîsé par le lion du sang et la communion "sexuelle, a fait son éducation. C*es( dans la tiédeur de ce" nid que L'homme s'est progressivement 'adouci. L'amour de l'enfant, ce prolongement de l'être, a surtout porte l'instinct à son maximum d'intensité.
Il en résulte qu'un des principes de l'orientation doit être d'éliminer tout ce qui pourrait affaiblir la famille, facteur essentiel d'altruisme.
Malheureusement l'association familiale est soumise à des épreuves de plus en plus rudes. Le poison le plus funeste qui pût l'attaquer, la question d'argent, la mine et la corrompt, en France surtout, hélas I Le mariage devenu une affaire, c'est ce qui pouvait advenir de pis pour l'institution du mariage.
Le système de paix armée'pèse surla" famille européenne d'un poids tel quelles plus misérables vont se transplanter sur le sol américain et que Ic'plus grand nombre s'anémie au lieu d'origine. L'organe social é I é ni e n ta ire, fa u te d e pou voii* se d é v e 1 o p \ >e r pa runc substance facile, s'atrophie, surtoutchez nous, où ce mal engendre le phénomène lamentable de la dépopulation et menace d'entraîner la perte du corps social tout entier. Pour sauver la famille, il ne faudra rien moins que le désarmement, universel.
L ORtEîtTÀTION HUM UNE
Si nous sortons Je la famille nlk-m^me, nous devons cooitatci ([ne l'opposition on Ire !< est malheureusement en train de prendre une forme nouvelle. C'est une opposition, il esl vrai, exempte de violence matériel le f mais qui n'en est pas moins troublanle. La femme, émancipée, demande place égale non seulement au foyer, mais dans la société : elle vise à remplir tous les rôles de l'homme. C*esl qu'on appelle le féminisme : question grave et compliquée, que nous ne pouvons même pas effleurer ici et qui est exacerbée encore par la crise du mariage. Les deux perturbations se commandent; ce qui allé nucrait le premier mal atténuerait aussi le second. Ce ne sera pas trop de toutes les suggestions de l'altruisme pour trouver et opérer ici les adaptations néo sa ire s.
Quant à la guerre entre les groupes familiaux mêmes, si fréquente et si intense dans les civilisations antérieures, elle n'a plus aujourd'hui aucune raison d'être, et elle a presque disparu. La famille n'est plus ni le yenoa grec, ni la gens romaine, ni le clan* À peine pourrait-on en pays civilisé retrouver des traces et comme des témoins de cet état violent dans quelques cantons montagneux de la Corse, de la Sicile ou des Balkans. La loi ici a Lrioinphé de la violence, et
L 0BIEBTTATÏON Hl/MÀINE
l'opposition entre groupes se dissout toujours par les tribunaux de justice civile,
Ge que la civilisation a déjà fait pour l'individu et
pour les groupes familiaux, ouest endroit de l'attendre
d'elle pour les groupes plus importants et plus étendus,
pmir ceux qui coexistent dans le sein de chaque
m et pour les groupes nationaux entre en\.
Ici, presque tout reste à (aire. Mais Les esprits sont en pleine fermentation et on en verra IcselTets plue tôt peut-être que beaucoup ne le pensent.
Il semble que les procédés qui ont réussi pour la pacification des individus et des groupes élémentaires devraient être efficaces aussi pour pacifier ces groupes puissants et complexes. En fait, c'est en ce sens qne l'orientation se dessine, que travaille la conscience humaine et «pie se font les premiers efforts. Un projet d'arbitrage obligatoire entre ouvriers et patrons a été proposé pendant son passage au v affaires par M. Millerand, et un tribunal d'arbitrage facultatif entre nations
été constitué sur l'initiative du tzar. Ces deux faits bien qu'en apparence fort différents, '-ont tout A fait de même ordre, et ce sont les deux faits tes plus gros conséquences qui se soient produits de notre l inps.
Dans le sein de chaque nation, l'opposition la plus
violente se manifeste entre les deux groupes si important& des salariés et des salariants ou, comme on dit vulgairement avec moins de justesse, entre le capital et le travail. Cette opposition donne lieu à une guerre intestine qui se traduit par les grèves de plus en plus fréquentes.
Il est nécessaire» ici, de se souvenir de la loi étudiée ri formulée par le profond penseur qu'est M. Tarde. \\ appelons- la d'un mot (i) :
Tout commence par l'infinitésimal et peu a peu s'étend, se développe de proche en proche, évoluant comme par cercles concentriques de plus en plus grands, et cela dans tous les domaines, physique, moral, social, jusqu'au moment ou les forces opposées, incapables, désormais, de s'acroître, ne peuvent plus qu'entrer en conciliation suivant les lois de l'adaptation.
C'est ainsi, nous le verrons plus loin, qu'a ^évolué la guerre. La grève, qui est un mode de la guerre, une guerre de classes, n'a pas procédé autrement.
Elle a débuté par de petits groupes inorganisés, sporadiques; puis, ces groupes se sont agrégés et
(i) Les Lois sociales, (j. Tarde, F. AJcEin, Paris, il
MIUKNTATION III VÏVINI
oudés et, en une période de croissance Ins courte, — ai Li conscience que la société commence à aVoir des bénomènes sociaux en rend l'évolution de plus m lus rapide ; laguerrc a mis plusieurs milliers d'années évoluer, révolution de la grève aboi i lira en moins 'un siècle, — on en est venu à ces grèves colossales ui réunissent pour une action commune lés syndicats savamment organisésde Loul un corps de métiers, avec tendance et effort pour entraîner dans le mouvement rps de m .5 tiers analogues , auxiliaires ou dépendants, ei la perspective d'une grève générale, nationale u même internationale, ce qui serait évidemment le point final de l'évolution.
En présence de ces agrégats nouveaux, l'industrie Capitaliste qui déjà depuis longtemps, par la force «les s, suivant une pente naturelle, ramassait et conen Irait ses capitaux, substituant la grande usine à Éparpille ment ancien, et, comme conséquence commcrcialCj les grands magasins à la minuscule boutique, ni m en ce maintenant a organiser , du moins dans les ys d'avant-garde, ces trusts colossaux dont on ne il encore si les lianes formidables sont gros de menées ou de bienfaits.
Quoi qu'il en soit, le trust national ou international I l'aboutissement régulier du mou veinent industriel et
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commercial provoqué par les découvertes scientifiques ' du xix e siècle : trust et grève sont les faits opposés et correspondants.
Il est probable que lorsque les deux groupements contraires auront atteint les limites extrêmes de leur développement soit en extension numérique, soit en perfection organique, le moment sera venu de transiger et d'adapter. Car l'égoïsmc, qui est encore dominant, interdit les transactions tant que les forces opposées ne sont pas parvenues à s'équilibrer à peu près.
Il semble donc que, dans le domaine économique, l'orientation soit bien ce qu'elle doit être. Peut-être donc serait-il bon de favoriser et de hâter, tout en prenant des précautions contre les abus, comme voudrait le faire le président Roosevelt, d'un côté la fédération capitaliste, de l'autre la fédération ouvrière. Plus ces deux groupements opposés seront forts, plus nous serons près de la pacification générale.
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