II. J A y irginité de JvIarie
La pureté et l’harmonie en Marie.
Marie a été créée dans la pureté immaculée et dans l’harmonie parfaite de ses sens et de ses facultés. En elle, comme en Jésus, dont elle était à l’avance la fidèle et admirable copie, tout était coordonné et complètement soumis au plan de Dieu dans la création de la première créature. Le corps obéissait à l'esprit, et l’esprit se tenait dans la dépendance totale de son Créateur.
Il n’y eut jamais en Marie le moindre heurt et le plus léger désaccord entre la partie corporelle et la partie spirituelle. Son corps comme son àmc vibraient au même diapason ; ils étaient chacun à leur manière un écho fidèle des volontés et des
desseins de Dieu, et iis s’entr’aidaient mutuellement à seconder Faction divine pour atteindre la Fin pour laquelle ils avaient été créés.
C*est cette harmonie essentielle et parfaite en Marie qui assura sa fidélité, préserva sa virginité et la conduisit à la sainteté.
Bénissons Marie dans son admirable pureté et son inaltérable charité.
La Virginité du cœur en Mari©.
Marie ne connut qu’un amour, celui de son Dieu. Quand Jésus fut devenu son Fils, elle concentra en Lui toutes ses puissances d’affection et de tendresse. Son amour ne connut point de bornes, parce que sa pureté lui ouvrait des horizons infinis sur la Divinité et qu’aucune ombre en elle ne venait mettre obstacle aux effusions embrasées de son cœur.
Marie appartint à Dieu totalement dès le premier instant de sa Conception, et à aucun moment de son existence son cœur ne dévia de la voie d’amour et de fidélité. Elle ignora toujours les attaches terrestres, elle ne s’illusionna jamais sur le côté humain des créatures, elle vit constamment toutes choses dans la lumière divine, et ce qu’elle aima elle l’aima en Dieu et pour Dieu.
Honorons Marie dans la Virginité constante de son cœur.
La Virginité du corps en Marie.
Parce que Marie n’aimait que Dieu et que toutes les ardeurs de son âme la poussaient à lui être amoureusement agréable en tout, elle lui offrait! constamment en sacrifice tout ce qu’elle avait reçu! de lui. De même qu’aucune attache terrestre ne pénétra jamais dans son cœur, ainsi aucune jouissance sensuelle n’effleurajamais son corps virginal, j
Elle se soumit aux nécessités de la nature hu mai ne, mais elle ne prit jamais aucun plaisir qu pût flatter ses sens, même dans facception la pim large du mot. Elle ne traitait point son corps er. • esclave, puisqu’elle était sans péché, mais elle hl
gardait sous la domination absolue de l’esprit et ne s’en servait que pour rendre sa vertu plus parfaite et pour donner plus d’éclat à la sainteté de son âme.
frémirons en Mûrie sa délicatesse et sa pureté plus qu'angélique.
L© trésor de sa Virginité pour Marie.
Marie appartenait d’une manière si absolue à son Dieu, elle s’appliquait avec tant d’ardeur et de générosité à rester intacte d’amour et de pureté, comme elle l’était au moment de sa Conception immaculée, que rien sur la terre n’ayait pour elle d’attrait et qu’elle était prête à tous les sacrifices
Sour ne rien changer aux desseins adorables de ieu sur elle.
Elle appréciait plus que tout la faveur unique de sa pureté immaculée, et elle faisait de sa Virginité le trophée de son amour et de* sa fidélité.
Ce trésor de sa Virginité avait à ses yeux une valeur tellement précieuse, qu’elle lui aurait sacrifié l’honneur suréminent de sa Maternité divine.
Oh ! qu'elle est mille fois admirable cette Vierge incomparable, que l'amour de sa Virginité arrête presque sur le seuil de la Divinité.
Le mystère de la Maternité
virginale de Mari©.
Marie veut à tout prix rester Vierge, et Jésus veut cependant que Marie devienne sa Mère. L’accord est facile, car si la Vierge aspire à la Maternité divine sans perdre sa Virginité, Jésus, de son côté, ne veut avoir qu’une Mere qui reste Vierge.
La puissance divine qui ne connaît point les limites ni les obstacles, opéra ce doux et sublime mystère. Par l’opération du Saint-Esprit la Vierge conçut, et le Verbe Eternel de Dieu devint dans son sein maternel le Verbe incarné.
Tombons 4 genoux dans l'adoration et l'amour ; et bénissons avec allégresse Marie, la Vierge-Mire.
La louange et la gloire dues à Marie Vierge.
La Virginité est en Marie un de ses attraits les plus puissants. Elle l’a aimée elle-même, comme un trésor précieux entre tous, et elle l’a offerte au monde pour être l’objet de l’admiration et de l'imitation des âmes.
Jésus, tout le premier, a été charmé par la pureté et la Virginité de sa Mère. 11 a aimé Marie à la fois comme Vierge et comme Mère, et au ciel 11 a couronné en elle et sa Virginité et sa Maternité.
A l’exemple de Jésus, les âmes se sont éprises des beautés et des charmes de la Vierge Marie. Elles l’ont honorée et invoquée dans tous les temps. Les vierges, plus spécialement, ont formé autour de leur Heine une splendide couronne, au centre de laquelle se font entendre des cantiques nouveaux que seules chantent les vierges à la suite de l’Agneau.
La terre ne fait qu’écho aux louanges et aux chants d'allégresse qui retentissent dans les Gieux. Autour du trône de Marie, les Anges et les Saints exaltent la gloire de Celle qui fut ici-bas la Vierge- Mère et que là-haut ils honorent comme la Mère de Jésus éternellement Vierge.
Bénie soit Marie
dans son admirable et perpétuelle Virginité !
Bénie soit la Vierge devenue Mère !
Bénie soit la Mère restée Vierge !
Père Eugène Prévost
Paris — Avec permission de l’Ordinaire Prop. rés. Made in France
Editions du Bon-Pasteur, 108 Bd Péreire, Paris
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Bénie soit l’immaculée Vierge, jfi> Mère de Dieu,
Reine du Clergé et notre très douce Mère I
Explication doctrinale
III, — J-a JVIaternité divine de JVIarie
Le décret éternel
de la Maternité divine
Du jour où fut décrétée, dans les conseils de l'adorable Trinité, l’Incarnation du Verbe, le mystère de la Maternité divine fut également décidé. A ce Dieu se faisant Homme, il fallait nécessairement une Mère.
Jésus devant prendre en tout, sauf le péché, une nature semblable à la nôtre, • levait naître comme naissent tous les hommes. 11 devait emprunter aune faible créature la substance de son corps ; et le sang destiné à couler dans ses yeines et à alimenter s# vie, Il devait le puiser dans le sein de sa Mère. Sans quoi Jésus n’aurait pas été véritablement Homme
ation en usage dans la Fraternité Sacerdotale
n’ayant point de corps passible et mortel, il n’aurait pu s’offrir en victime et être immolé.
Ces deux grands Mystères de la Rédemption du monde et de la Maternité divine de Marie sont inséparables. Notre admiration doit les confondre dans une même reconnaissance et un même amour.
Le choix de Marie
comme Mère du Verbe Incarné
Le mystère qui allait s’accomplir dans la Maternité divine était quelque chose ae trop grand et de trop divin, pour n’être point arrêté dans sa partie essentielle, à savoir le choix éternel de la créature privilégiée qui serait destinée à devenir la Mère de Dieu.
Marie est en toute vérité l’objet précis et voulu des décrets éternels. Elle est déjà, dans la pensée de Dieu, la créature unique, marquée d’un sceau indélébile, qui après la chute du premier homme, sera solennellement annoncée pour réhabiliter, à l’heure de la miséricorde divine, l’humanité coupable appelant son Sauveur.
Jésus aura une Mère, et cette Mère s’appellera Marie. Ils prennent tous deux naissance en même temps dans la pensée éternelle ; et ils n’apparaîtront au monde, dans la plénitude des temps, que quand, par leur entremise, le Ciel se réconciliera avec la terre.
Pénétrons dans le sein de l’Eternel, et entendons-y déjà résonner le nom de Marie à la suite de celui de Jésus.
Préparation en Marie à sa Maternité divine
Une fois le choix de Marie arrêté dans les desseins éternels, la Trinité tout entière se préoccupe d’orner ce temple nouveau destiné à abriter la Divinité. Elle met en réserve pour Marie des mer- ! veilles de grâces et un luxe tout divin de dons, de vertus et de sainteté.
De sorte que dès son apparition en ce monde,
Marie, divinement prévenue par le Seigneur, se trouve plongée dans un véritable océan de pureté, de perfections et d’amour.
C’est en vue de sa divine Maternité qu’elle est ainsi comblée. Tout, dans les opérations divines en Marie, converge vers cet ineffable mystère. Marie devient comme un réservoir sans fond de sainteté divine et d’amour infini, pour pouvoir donner ensuite à son adorable Fils une vie mortelle qui soit quajid même toute pénétrée et imbibée de vie divine.
C’est déjà l’aurore du Soleil de Justice qui se lève. Elle est éclatante comme Celui dont elle procède et que tout à l’heure elle fera briller dans son plein midi. Marie annonce Jésus et elle en fait pressentir l’amour et la sainteté.
Bénissons en Marie le Jésus qu’elle nous promet et dont elle porte déjà les traits divins.
Accomplissement du Mystère
de la Maternité divine
Il n’y a pas d’heure solennelle dans l’humanité, comme celle de l’Incarnation du Verbe. Tout le Ciel est là : et les décrets éternels, et l’histoire du monde, et la vie du temps et la vie de l’éternité. Jésus domine tout dans sa Justice et sa Miséricorde, et c’est du sein de sa Mère qu’il étend son empire sur le ciel et la terre.
Marie est devenue le centre des merveilles du Seigneur. Elle abrite maintenant Celui que les Cieux ne peuvent pontenir, et les anges adorent en elle le Dieu devant lequel ils se prosternent dans le Ciel.
C’est avec sa chair et son sang que s’opère l’insondable Mystère de l’Union hypostatique : Jésus est Dieu et Homme tout à la fois, et Marie, la servante du Seigneur, devient la Mère de son Dieu.
Autant Jésus s’abaisse en s’incarnant, autant II élève Marie en la faisant sa Mère. Ne cessons de louer Jésus et Marie, d’aimer le Fils et la Mère.
La louange et la gloire
dues à Marie Mère de Dieu
Si Marie doit être honorée dans sa Conception Immaculée et dans sa perpétuelle Virginité, elle doit l’être surtout dans sa divine Maternité. Si elle n’eùt été que Vierge et Immaculée, elle fut demeurée sans doute un prodige de pureté digne d’être universellement honoré ; mais il aurait manqué à sa dignité sa plus belle couronne et à ses privilèges incomparables son plus beau fleuron.
Marie n’est pour nous tout ce qu'elle est que parce qu’elle s’identifie en quelque sorte avec Jésus par le fait de sa divine Maternité. Toutes ses grâces sont ordonnées à celle-là ; comme nos hommages et nos louanges, en sa qualité de Mère de Dieu, sont un couronnement à notre admiration et à hotre amour.
Le seul fait de rappeler à Marie qu’elle est la Mère de Jésus, c’est la réjouir souverainement.
A nous de le lui répéter avec reconnaissance et avec amour ; mais surtout de l’honorer, à ce titre, par notre fidélité et nos vertus. La sainteté de notre vie proclamera plus haut la gloire de Marie que toutes nos paroles. Sachons la louer, mais surtout l imiter.
Louer la Mère de Jésus, c’est aimer Celui qui est devenu son Fils.
Louer le Fils de Marie, c’est aimer celle qu’il a faite sa Mère.
Les imiter tous deux,
c’est, en les confondant dans un même amour, n’aspirer qu’aux choses éternelles et vivre sur la terre comme aux Cieux.
Père Eugène Prévost
Paris — Avec permission de l’Ordinaire Prop. rés. Made in France
Éditions du Bon-Pasteur, 108 Bd Péreire, Paris •N* 7
II0UÆNGE MTWTïIiE
Bénie soit l’immaculée Vierge,
Mère de Dieu,
Reine du Clergé et notre très douce Mère I *
Explication doctrinale
iv. — - JWarie, Peine du pLERGÉ
Marie, la Mère du Souverain Prêtre.
Marie est la Mère de Jésus et, en tant que Mère, elle donne à Jésus tout ce que . Jésus est, en tant que Fils. Ce que Jésus ^ est comme Dieu, il ne le doit pas à Marie ; r/ ce qu’il est comme Homme, Il le doit tout
entier à sa Mère. Il reçoit d’elle son corps L mortel, et quoique son âme humaine soit l’œuvre directe de la Divinité, elle n’est créée que parce que Marie lui fournit un corps pour la recevoir.
Marie est bien la Mère humaine de Jésus !
Ce Verbe Incarné dans une chair mortelle, si différent du Verbe Eternel dans l<* sein de son Père, ne se revêt de notre humanité, que pour opérer ici-bas une
/e* Invocation en usage dans la Fraternité Sacerdotale
œuvre humaine et divine à la fois, qu’il ne pouvait accomplir en tant que Dieu seulement. Jésus venait s’offrir en Victime pour les péchés des hommes ; pour souffrir et pour mourir il Lui fallait une chair passible et une vie mortelle. Il vient prendre l’un et l’autre dans le sein de sa Mère.
Marie est bien la Mère de la divine Victime !
Mais ce Jésus qui se constitue Victime devra être immolé. Ce n’est point le hasard qui Le fera mourir ; Il ne subira pas davantage la mort sans le vouloir. Quand II versera son sang et donnera sa vie, c’est que « son heure » sera venue et qu’il l’aura voulu.
A qui aura-t-Il recours pour Lui enlever la vie? Qui sera chargé de Lui donner la mort ? Quel sera le Sacrificateur assez pur et assez saint pour immoler la divine Victime?
Personne autre que Jésus Lui-même n’aura le droit de toucher à sa vie et de la Lui ravir. Le Prêtre doit être à la hauteur de la Victime ; la Victime est divine, le Prêtre sera divin. Jésus et Jésus seul pouvait être le Prêtre de son propre Sacrifice.
Ce que Jésus doit à sa Mère comme Victime, Il le lui doit également comme Prêtre. C’est à Marie qu’il faut remonter pour trouver l’origine terrestre du Sacerdoce de Jésus ; sans sa Mère, Jésus n’aurait été ni Victime ni Prêtre.
Marie est bien la Mère du Souverain Prêtre !
'Marie, Mère de Jésus le Prêtre Eternel, nos louanges ininterrompues et notre éternelle reconnaissance.
Participation de Marie
au Sacerdoce de Jésus.
L’union étroite qui unit la Mère et le Fils, établit entre eux des communications intimes et ineffables. Marie donne à Jésus son lait, son sang et sa vie : Jésus livre à sa Mère tout ce qu’il peut lui communiquer de Lui-même, à l’exception de sa Divinité que Marie ne peut porter. Il l’établit dans son
état de Victime, dans lequel II s’est constitué dès le premier instant de son Incarnation ; II la revêt de son divin Sacerdoce, afin de mieux l’associer à son auguste Sacrifice.
Quand Jésus mourra sur la Croix, Marie offrira sa vie avec celle de son Fils. Quand Jésus Prêtre immolera la divine Victime, Marie participera au Sacrifice du divin Sacrificateur. C’est en tant que Prêtre tout autant que Victime que Jésus sauve le monde, puisqu’il n’y a point de Sacrifice sans Victime ni de Victime sans Prêtre. C’est également en tant que Marie est divinement associée au Sacrifice et au Sacerdoce de Jésus, qu’elle est considérée comme la co-rédemptrice de l’humanité.
Amour, louange et gloire éternelle a Marie, la Vierge-Prêtre.
Multiplication du Sacerdoce de Jésus
dans les Prêtres.
Jésus est le seul, unique et souverain Prêtre. Il a puisé son Sacerdoce de toute éternité dans le sein du Père et II l’a exercé dans le temps quand 11 a eu une Victime pour son Sacrifice. Une fois son Sacrifice consommé, Il est remonté dans sa gloire. 11 n’a point voulu cependant que l’humanité restât sans autel, et que sa religion fût une religion sans sacrifice. Tout en quittant la terre, II resta parmi les hommes dans l’Eucharistie ; mais pour y revivre sans cesse, Il commanda à ses Prêtres de renouveler chaque jour le Sacrifice suprême qu’il offrit une fois Lui-même sur le Calvaire.
C’est par la même puissance et pour la même fin que les Prêtres offrent le même Sacrifice, et qu’ils appliquent, par les Sacrements, les mérites infinis de la divine Victime. Jésus est toujours en eux le Prêtre qui opère, par sa toute-puissance, des œuvres divines. Son Sacerdoce est le même en Lui que dans celui de tous les Prêtres. Jésus se sert ae la coopération de ses Ministres, mais le seul vrai Prêtre, c’est Lui.
O Jésus, Prêtre Eternel, rendez votre Sacerdoce glorieux dans tous les Prêtres du monde !
Relations essentielles
entre Marie et les Prêtres.
En voyant l’amour que Jésus porte à ses Prêtres et en considérant de quelle sublime manière 11 se communique et se livre à eux dans son Sacerdoce, Marie va aux Prêtres par un penchant irrésistible et elle leur porte un amour qui ressemble à celui qu’elle a pour son divin Fils. Reconnaissant dans leur âme consacrée le caractère indélébile du Sacerdoce éternel de Jésus, elle y honore le Souverain Prêtre et elle met à son service tout son esprit de foi et tout l’amour de son cœur.
Marie se tient à côté des Prêtres de son Fils, comme elle se tenait à côté de Jésus. Elle cherche à les faire croître en vertus pour leur mieux faire honorer leur Sacerdoce, et elle vole sans cesse de Jésus à ses Prêtres et des Prêtres à Jésus.
Soyez bénie, ô Marie, d’honorer et d’aimer ainsi les Prêtres de Jésus votre divin Fils !
Marie, Mère et Reine des Prêtres.
Les Prêtres étant la personnification vivante de Jésus, Marie a pour eux un amour maternel empreint de la divine tendresse qu’elle porte à Jésus.
Mais Marie participe à la royauté de son divin Fils, et elle a été consacrée la Reine des Prêtres, dont elle fait sa garde d’honneur. Marie se plaît à être invoquée sous ce titre qui lui rappelle le Sacerdoce de son Fils et les relations sacerdotales qui l’unissent éternellement à Jésus et à ses Prêtres.
Bénie soit Marie, la Reine du Clergé, la douce et tendre Mère des Prêtres !
Père Eugène Prévost
Paris — Avec permission de l’Ordinaire
Prop. rés.
Made in France
Éditions du Bon-Pasteur, 108 Bd Péreire, Paris
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Bénie soit l’immaculée Vierge,
Mère de Dieu,
Reine du Clergé et notre très douce Mère i * ^
Explication doctrinale
Y. — JVIarie, notre très douce JV1ÈRE
Fondement et raisons
de la Maternité de Marie.
Marie, étant la Mère de Jésus, non seulement se trouve honorée de. ce qui fait la grandeur de son Fils, mais encore partage avec Lui les droits qu’il a sur ü nous et les devoirs que nous avons à son 1 égard. Entre la Mère et le Fils tout est commun. Quand on donne la vie et qu’on la reçoit, il ne peut y avoir de restriction ni de réserve.
En devenant la Mère de Jésus, Marie reçoit de son Fils le don de tout ce qu’il est et de tout ce qu’il a. Jésus est à elle en toute vérité, puisque le fils appartient à la mère. Elle participe, en outre, à la mission de Jésus sur la terre, mission
qu’il ne peut accomplir que parce qu’il reçoit de sa Mère son existence mortelle.
Or Jésus, en tant que Dieu, est le Créateur de tous les hommes, et à ce titre II est leur Père ; en tant qu’Homme, Il est leur Sauveur, et sous ce rapport II est doublement leur Père, puisqu’il les rend de nouveau à la vie éternelle.
Sous ces deux aspects, Marie remplit envers les hommes le meme rôle que son divin Fils. Elle participe auprès d’eux à la Paternité divine et elle devient leur Mère ; elle concourt, avec Jésus, à leur salut éternel et, par ce fait, elle exerce sur eux des droits de maternité.
Tous les hommes appartiennent à Marie, parce que tous ont été sauvés et rachetés par Jésus, et que c’est elle qui a fourni à son divin Fils les moyens de leur rachat.
Marie est donc, en toute vérité, la Mère des hommes, comme elle est la Mère de Jésus, le principe et le Sauveur de l’humanité.
Adorons la Sagesse de ce plan divin, sublime mystère dans une si douce réalité, et bénissons 'Marie que Jésus nous a donnée pour Mère.
Consécration solennelle de cette Maternité.
Jésus avait à cœur de prouver aux hommes jusqu’où II les aimait; et pour cela 11 prit deux puissants moyens, l’un d’une charité extrême, en mourant pour eux, l’autre d’une douceur incomparable, en leur donnant sa Mère.
Et pour leur faire bien comprendre que ce double j don de Lui-même et de sa Mère est l'effet d’un I même amour infini, Il le fait en même temps et j au moment le plus solennel de sa vie. C’est au moment où II va mourir, lorsque le cœur lègue aux siens ce qu’il a de plus cher, que Jésus nous donne sa Mère. Du haut de sa Croix, Il proclame j Marie la Mère du genre humain et II lui donne tous les hommes pour ses enfants.
C’est dans la suprême douleur que Marie nous enfante. Tous ses enfants de l’immense famille humaine seront marqués du Sang rédempteur
que verse Jésus mourant sous les yeux de sa Mère. Nous lui avons coûté plus que la vie, puisque nous lui avons coûté Jésus.
Bénissons Marie que la douleur, tout autant que l’amour, a fait notre Mère.
L’amour maternel de Marie,
copie fidèle de l’amour de Jésus.
C’est l’amour que Jésus nous porte qui Le pousse à nous donner sa Mère. C’est l’amour que Marie a pour Jésus qui la fait nous accepter pour ses enfants. Personne n’a pénétré plus profondément dans le cœur de Jésus que Marie; elle y a pour ainsi dire vécu et elle s’est sans cesse vivifiée à cette source de l’éternelle charité.
Il n’y a pas un battement du Cœur de Jésus qu’elle n’ait entendu, pas un sentiment qu’il n’ait eu et qu’elle n’ait elle-même éprouvé. Les mêmes ardeurs ont consumé le Cœur du Fils et celui de la Mère ; et si Marie n’est pas morte pour les hommes en versant tout son sang en même temps que celui de Jésus, c’est parce que telle n’était pas la volonté divine et qu’il fallait une Mère pour consoler et instruire les premiers chrétiens.
On peut dire que Marie nous aime d’un amour presque infini, elle qui &à sa disposition l’amour incréé du Verbe et dont tous les désirs sont de calquer son amour sur le modèle du sien.
Bénissons Marie, la Mère du bel amour, et laissons notre cœur s’éprendre d’amour pour Celle qui nous aime presque à l’égal de Jésus.
Caractères de la Maternité de Marie.
Puisant ainsi l’amour à sa source, Marie exerce à notre égard une maternité qui est comme le rayonnement de sa Maternité divine. Elle voit Jésus en nous et elle L’y aime de toutes les ardeurs de son âme. Son amour maternel, qui ne connaît aucune borne et ne recule devant aucun sacrifice, se fait fort et généreux, doux et réconfortant, suave et enivrant. C’est une Mère qui console et sèche
les larmes, dont le seul souvenir soutient le courage, dont la bonté garde au cœur l’espérance et y ranime la confiance, dont la tendresse remplit l’âme des joies les plus pures et de l’amour le plus filial.
Marie, à l’exemple de Jésus, aime tous ses enfants. Elle les sait faibles et pécheurs, et elle se fait la Mère des coupables. Elle les voit tristes et souffrants, et elle se fait la Mère des malheureux. Elle les aperçoit en butte aux tentations et exposés à tous les maux, et elle se fait la Mère des tentés, des découragés et des abandonnés. Elle entend les chants de ceux qui l’honorent et elle voit la fidélité de ceux qui l’aiment, et elle se montre la tendre M ère de tous ses enfants fidèles.
O Marie, douce et tendre Mère, soyez à jamais bénie, aimée et glorifiée !
Droits que confère à Marie sa Maternité.
Marie, en sa qualité de Mère, a reçu directement de Dieu l’autorité qu’elle exerce sur ses enfants. Elle a droit à leur respect, à leur soumission et à leur amour.
Ces droits sont d’autant plus sacrés qu’ils sont inséparables de ceux que Jésus a sur nous, et qu’elle les a payés plus cher, elle qui a suivi Jésus au Calvaire et qui n’est devenue notre Mère qu’en éprouvant dans son âme toutes les angoisses de la mort de son Fils.
A une telle Mère, il faut des enfants qui lui ressemblent.
Rendons à Marie amour pour amour, et nous tous, ses enfants, chantons les gloires de notre très douce Mère.
‘ Père Eugène Prévost
Paris — Avec permission de l’Ordinaire Prop. rés. Made in France
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Mère de Dieu,
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