‹ Louis 16. et sa courChapitre 133 sur 193 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

saut signer un traité de commerce ruineux pour nous. M. de Castries, l’ami chevaleresque de Necker, avait lu contre lui , en conseil , un mémoire remarquable, digne revanche de celui qu’à une autre époque Vergennes avait écrit contre Necker : talion cruel et mérité. On a dit que ce fut un malheur pour la France que la mort de ce ministre. C’est un honneur funèbre qu’on lui a rendu; mais vraisemblablement il n’eût pas exercé une bien haute influence sur les Notables. La situation était si nette et devenait si menaçante, que tout l’esprit déliéde Vergennes, si habile à trouver des biais, ne suffisait plus. Louis XVI, en le perdant , perdait plus que la France : il alla visiter, dit-on, le tombeau de son ministre, etsous le coup des découragements qui avaient abattu son ami , il s’écria : « Que ne suis-je couché h coté de vous.(i)! -•> Quant à Galonné, il ne songea pas meme à le regretter. L’idée qu’il perdait un appui, un homme utile, ne lui vint pas. Qu’avait-il besoin de personne? N’avait-il pas foi en sa fortune? Ne jouait-il pas avec la difficulté? N’aimait-il pas à la redoubler pour mieux la vaincre, comme on l’avait vu déjà, quand il avait dé- * signé, par une forfanterie singulière, pour faire partie de r assemblée des Notables, ses plus redoutables adversaires, et parmi eux ce Loinénie de Brienne qui devait sitôt le remplacer!

'J) Voir Soulavie, Mém . du règne de Louis ATI , t. VI, p. 102.

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