‹ Louis 16. et sa courChapitre 134 sur 193 · U I S XVI ET SA coin · texte numérisé non relu

U I S XVI ET SA coin

Le roi ouvrit l’assemblée h Versailles, le 22 février 1787, avec le cérémonial choquant et usé des vieilles traditions. Quand le roi eut parlé, le garde des sceaux prit ses ordres à genoux. Galonné porta la parole après, avec cette assurance et surtout cette gracieuse et spirituelle maladresse qui tenait au charme de sa personne et aux bornes de son esprit. On raconte qu’il avait commencé par sc faire attendre, et que deux fois l’huissier de service fut obligé d’aller le chercher. Il vint enfin, et s’excusa en débitant sans aucun embarras, et de sa façon la plus élégante, une histoire assez peu digne de la gravité du moment (1). Son discours renfermait une satire fort inconvenante du caractère et de l’administration de Necker. Il eut l’audace d’opposer la sienne à cette administration qu’il voulait pourtant imiter; il sc vanta de tout ce qu’il n’avait pas fait. Il dit qu’à aucune époque antérieure le déficit n’avait cessé d’exister; qu’il s’était accru sous M. Necker par l’intérêt de ses emprunts, évalués à l \!\o millions; le vide du trésor, disait Galonné, était de 684 millions dans l’exercice de 1784. Gomme on le voit, il démentait le Compte-rendu , imprudence qu’il allait payer cher; de plus, il blessait les Notables en ne conduisant pas son exposé jusqu’en 1787. N’était-ce pas leur dire qu’il n’entendait point faire tomber sous leur contrôle les

(1) Voir, pour ce bizarre incident , Monthyon, Minist. des fin., p. 300.

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