‹ Louis 16. et sa courChapitre 136 sur 193 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

rendu. Le contrôleur général répondit par un jeu de mots évasif, et prononça ce discours dont il résultait cpie le Compte rendu était faux. Necker alors demanda à être entendu par les Notables, et, sur le refus de Ixmis XVI, il remit dans leurs mains un mémoire apologétique.

Ainsi deux rivaux menaçaient Galonné : Pun venait d’en liant, l’autre d’en bas. Celui-ci, qui était le plus près du ministère, était l’homme de Trianon ; celui-là était l’élu de la faveur publique, de la France. Placé entre ces deux concurrents, Galonné rencontrait de jour en jour plus d’obstacles. Les évêques surtout le harcelaient : en voulant soumettre les ecclésiastiques à l’impôt, le contrôleur général avait mal combiné ses moyens de payer leurs dettes. Les évêques répondirent par une censure qui fut trouvée juste dans tous les bureaux. L’hostilité s’y dessinait avec un tel relief, que même le projet qui diminuait la taille reçut un accueil glacé. Gependant on vota la liberté du commerce des grains et l’abolition de la corvée.

Mais ce qui distinguait Galonné, ce n’était pas seulement de juger mal, mais de voir ce qui n’existait pas. Ainsi, malgré ce qu’avait de positif et d’animé l’opposition des Notables, il les remercia presque, dans l’assemblée générale du 1 1 mars, de la sympathie qu’il y avait entre leurs idées et les siennes. Ges paroles excitèrent beaucoup de murmures; on demanda de toutes

paris que le discours du contrôleur général fut envoyé dans chaque bureau, afin que ce qu’il contenait d’inexact fût réfuté à l’instant même; une réclamation des plus vives fut insérée au procès-verbal. On repoussa, comme trop hardi, le projet de suppression des douanes intérieures. C’était une idée de Colbert ; niais, aux yeux des Notables, Calonne la gâtait en la proposant. Pour ce qui tenait aux améliorations qu’il voulait apporter dans le régime de la gabelle, Monsieur lut une espèce de critique des plans du contrôleur général, qui, sur ce point, ne faisait pas assez. 11 était évident que ce n’était plus une opposition de choses que l’on engageait.

On le vit encore mieux quand il s’agit de discuter la troisième partie des plans du ministre : d’avance il était convenu que toute proposition serait rejetée. Ce travail réglait ce qui était relatif aux domaines du roi; mais ni la bonté nil’à-propos des idées qu’il contenait, ni les efforts du duc de Nivernais et du duc du Châtelet, désintéressés dans ces débats, 11 e purent vaincre l’hostilité systématique des Notables. C’était un parti pris, et qu’enflammaient incessamment les partisans de Brienne on voulait renverser le ministre. Lui qui tenait au pouvoir par son amour-propre et par ses vices, engagea un t ombât à outrance avec ses ennemis. 11 publia officiellement ses projets de réforme, et les fit précéder d’un mémoire qui ressemblait fort à un acte d’accusation contre ceux qui refusaient d'v souscrire. Calonne

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