CHAPITRE V
nistre. » Elle, si facilement entraînée , croyait au mérite politique de Brienne, sur la foi de l'amabilité de son esprit. D’ailleurs, il s’était emparé avec beaucoup d'adresse de la réputation d’excellent administrateur, grâce aux états de sa province, où il ne résidait pas. Comme celte reine à qui il plaisait, il n’avait pas la tenue de son rang : il était léger, évaporé, ami de ces plaisirs bruyants qui compromettent un homme de sa profession, autant que de plus cachés et de plus coupables : et ces derniers cependant, il les aimait aussi. Comme la reine qui jouait la comédie à Trianon,on l’avait vu plusieurs fois jouer la comédie à son cbateau de Brienne. C’était bien le moins assurément que de telles ressemblances portassent bonheur à l’ambition de ce prélat , et vinssent à bout des répugnances que I-ouis XVI avait prises sur son compte dans les Mémoires sévères du Dauphin.
M. de Brienne, nommé chef du conseil des finances, ne changea rien à sa vie. Le respect qu’il n’avait pas eu pour sa dignité d’évêque, il ne l’eut pas davantage pour sa dignité de ministre. Il avait les mœurs de Calonne (i) ; il avait de même sa confiance; seulement la
(1) M. de Monthyon avance que ce ministre « passait pour être atteint ( de même que son prédécesseur Gilonne) d’une maladie qu’une conduite sage lui eût évitée. » (Min. des Jin., p. 30f>.)
Quant à ce dernier, il devint le plus ardent ennemi de la reine, qui l’avait renversé : c'est madame Campan qui nous assure que M. de