CHAPITRE VI
tout individu majeur inscrit aux rôles des contributions. Comme on objectait aux privilégiés leur petit nombre , ils voulurent grossir leurs collèges. Puis en ouvrant , comme on vient de le voir, les assemblées prw maires jusqu’au plus infime degré, ils comptaient beaucoup sur leur influence auprès des conditions serviles et de la partie inférieure du tiers état (i).
Toutes ces traditions des anciens Etats, que les Notables préconisaient ou rejetaient à leur convenance , présentaient l’ensemble le plus contradictoire et le plus confus. En matière d’élection , comme en toute chose, les provinces, les bailliages, procédaient diversement. Tous se réclamaient de quelque privilège , étaient attachés à des usages : c’était tout cet amalgame qui s’appelait, en langage monarchique, une constitution. Les circonscriptions électorales dataient de plusieurs siècles. L’inégalité de ces divisions s’était augmentée par tous les mouvements de la richesse et de la population. Les Notables ne voulurent point toucher aux anciennes formes, ni au nombre de représentants de chaque bailliage, qui demeura le même, quels que fussent la population et l’impôt ( 2 ).
(1) Les Notables furent d’avis d’admettre dans les assemblées primaires les domestiques à gages , s’ils figuraient au registre des impositions. Ce fut dans la même pensée qu’ils proposèrent encore le vote à haute voix.
(2) Ces différences étaient si considérables , que Neckcr, dans son rapport au roi , citait comme exemple et mettait en regard les
4<të
Tel fut le travail de cette assemblée; ce déni de justice envers le parti des communes, cette préoccupation scandaleuse de la noblesse pour ses bourgs pourris , firent pousser de nouvelles plaintes et redoublèrent l’impatience des États généraux. Tous les corps privilégiés achevaient de se perdre tour à tour par leur égoïsme, les Notables après le Parlement. Ce dernier, en outre», se plongeait dans le ridicule , h force de tergiversations. Tandis que lesNotables délibéraient, le Parlement, accablé de l’effet qu’avait eu son arrêt, crut qu’en faisant amende honorable il allait regagner l’esprit public; sous prétexte d’interpréter sa pensée, il se rétracta. 11 déclara que le nombre des députés respectifs des trois Ordres « n’étant déterminé par aucune loi , ni par aucun usage, on ne pouvait que s’en rapporter à la sagesse du roi , pour parvenir aux modifient ions que la raison , la liberté, la justice et le vœu général pouvaient indiquer. » D’Espréménil fit passer cette déclaration; il avait mis la meme ardeur à appuyer la précédente. Depuis son retour des îles Sainte-Marguerite, ce bouillant parlementaire avait bien changé de rôle : il était devenu modéré, sans être plus calme; les scènes du palais dont
bailliages de Dourdan et de Gex , qui comprenaient , l’un 7,462, et l'autre 13,052 âmes , avec la sénéchaussée de Poitiers et le bailliage de Vermandois , qui en comptaient 692,810 et 774,504.
Le bureau présidé par Monsieur fut encore seul , sur cette question, d’un avis conforme an vœu public.