‹ Louis 16. et sa courChapitre 170 sur 193 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

il avait été le héros, étaient déjà loin; il s’étonna, à son retour, de trouver le public préoccupé d’autre chose que de son triomphal exil et des affaires de sa compagnie; il en éprouva une surprise amère. D’Espréménil était l’expression violente de l’esprit de corporation. Ce fanatisme avait enflammé sa résistance, et avait fait île lui un jour un 'homme éloquent. « Les parlements , disait Malesherbes, aiment à jouer un rôle; » c’est tout ce qu’aimait d’Espréménil, mais il avait mis dans le sien un tel excès de jactance; il s’était offert au martyre avec tant de persistance et de solennité, qu’il avait provoqué le rire, dès que l’exaltation du public fut tombée (i). Il y avait du vrai en ce qu’écrivait, dans sa langue originale, le marquis de Mirabeau : « Il faut espérer, disait-il, que le voisinage vous procurera la visite de ce vaste d’Espréménil, le sage commentateur de Mesmer, qui tout à l’heure , des îles Sainte-Marguerite jusqu’ici, a fait rire villes et villettes du faste de saltimbanque avec lequel il secouait ses chaînes pour les faire sonner (2). »

(!) D’Espréménil, dans son discours d’adieu, comparait scs collègues aux sénateurs romains , immobiles et majestueux devant le fer des Gaulois. « Qu’ils entrent..., disait d’Espréménil, qu’ils viennent souiller de carnage ce temple et égorger sous les yeux et sur l’autel de la justice, ces glorieux martyrs!... O ma femme! ô mes enfants ! vous que je ne puis pas même embrasser, vous que je ne reverrai peut-être jamais ! votre époux , votre père , vous dit adieu ! Dans cette île solitaire où je vais être relégué , etc. »

(2) lettre du marquis de Mirabeau au marquis de Longo, 15 décembre 1788. Mém. de Mirabeau , t. V, p. 182. Parmi les écrits qui

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