‹ Louis 16. et sa courChapitre 20 sur 193 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

tint* au département de la maison du roi, et de le remplacer au ministère de la marine par le comte d’Ennery (i). C’était un premier pas que la faction de Choiseul essayait de faire vers le gouvernement. Cette tentative donna l’alarme à Maurepas; s’il y avait dans sa tète une pensée fixe, bien arretée, c’était de rendre impossible le retour de Choiseul; et il n’épargnait rien pour cela dans ses entretiens avec le roi. Il prenait de l'ombrage des velléités d’ambition, des grâces et des succès de la reine : cet homme d’Etat, un peu féminin, trouvait là une rivalité dangereuse (a).Turgot, dans ces circonstances, proposa à Maurepas d’offrir le ministère à M. de Maleshcrbes, et pour déjouer l’intrigue de Choiseul, il adopta précipitamment ce parti.

Lamoignon de Malesherbes était le plus grand nom qu’eût alors la magistrature. Il était aussi populaire que Turgot ; il tenait aux memes opinions que lui, en philosophie comme en politique. 11 avait pour les parlements une espèce de sentiment filial, mais sans servitude, sans intérêt de corps, sans fanatisme de position; de même

(1) « Je fis envisager à la reine qu’il ne fallait regarder cet éveil neraent que comme un premier pas vers le crédit ; que pour le « constater et le rendre invariable, il était nécessaire de faire des « ministres sur lesquels elle pût compter. » (Mém. de Besenval, t. Il, p. 104.)

(2/ « Il craignait la reine jusqu’à la puérilité. Rien ne pouvait dé- « truire en lui l’impression d’avoir été la victime de madame de -«• Pompadour et chassé par elle. *• ( Mem.de fiesenral, t. Il, p. lit.)

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